La Belge qui chante comme une Américaine

Propos recueillis par Karim Fadoul Publié le - Mis à jour le

Musique

Leki, présentatrice vedette en Flandre, sort un troisième album sur lequel elle a invité Nile Rodgers


Des extraits de l'interview de Leki


BRUXELLES Ils ne sont pas nombreux les chanteurs belges qui peuvent se targuer d'avoir collaboré avec des artistes américains. Leki fait désormais partie de ce cercle fermé depuis que Nile Rodgers, la légende du groupe Chic, a accepté de figurer sur son dernier album, Multiplicity. Il faut dire que Leki, Karoline Kamosi de son vrai nom, avait tous les atouts pour réussir pareille prouesse. Cette Anversoise, qui maîtrise le néerlandais, le français et l'anglais, est un visage très connu en Flandre. Elle a été animatrice-vedette de TMF avant de passer sur l'autre chaîne musicale du Nord du pays, Jim. C'est une chanteuse, évidemment, qui a débuté avec sa soeur, Ya Kid K, la voix féminine du célèbre groupe Technotronic. Belle carte de visite qui l'a conduite à enregistrer un opus ambitieux.

Les francophones vous connaissent peu. Résumez-nous votre carrière musicale...

"J'ai commencé très tôt un peu grâce à une de mes soeurs, Ya Kid K. À un moment, elle en avait eu assez de Technotronic. Elle voulait quitter le groupe et on s'est mis à la recherche d'une remplaçante. Comme j'avais le même grain dans la voix, on m'a demandé si je voulais le faire. À 12 ans, j'ai donc arpenté les studios. Un an plus tard, ils se sont rendu compte que j'étais peut-être un peu trop jeune pour porter un projet de cette ampleur. Mais j'ai quand même continué. Je me suis mis à écrire mes propres textes. À 16 ans, j'ai été découverte par une maison de production. J'ai fait un premier disque, qui n'est jamais sorti. J'ai fait des shows dans l'underground rap, sans plus. Je suis ensuite allée faire mes études, en droit. Et quand je les ai finies, je me suis dit que je ne serais pas heureuse si je n'essayais pas d'aller au bout des choses. J'ai alors fait connaissance avec les producteurs FGX, enregistré un premier album. Depuis ça continue..."

Le concept Multiplicity, c'est quoi ?

"C'est multiple, d'où le titre. On s'est lâché au studio. C'est le résultat d'une année de travail. On a choisi douze tracks parmi des dizaines. On est passé par différentes phases : on a commencé avec des morceaux plus durs, puis beaucoup plus musicaux avec un live band... C'est aussi un album très autobiographique. Écrire est une thérapie pour moi..."

Comment fait-on pour inviter Nile Rodgers sur son album ?

"Je l'ai rencontré lors du festival Martrock, l'an passé. Un intermédiaire belge nous a mis en contact, intermédiaire qui lui avait déjà fait écouter mes albums. Et Nile Rodgers avait trouvé ça cool. Lorsqu'on lui a proposé de collaborer, Nile a tout de suite dit oui. En fait, le morceau Baby existait déjà, on le lui a fait écouter et lui est venu poser ses guitares dessus."

Votre popularité en Flandre est aussi due au fait que vous chantez le générique de la saison 3 de Prison Break pour la télé flamande...

"Je devais déjà faire le générique de la saison 2 mais je n'avais pas eu le temps. C'est Kaye Styles qui l'a fait finalement. J'ai donc été ravie lorsqu'on est revenu vers moi. Je n'ai pas hésité ."

Les artistes flamands semblent avoir plus de succès en Flandre que les wallons en Wallonie. Comment expliquer cela ?

"En Flandre, on apprécie davantage les artistes d'ici et pas seulement flamands, wallons aussi. Des rappeurs comme Akro ou Baloji sont poussés par la presse flamande, parce qu'ils sont belges. En Wallonie, on regarde plus vers la France. On y manque d'identité. Ce qui est possible aussi, c'est qu'il existe en Flandre un star system flamand, alors qu'en Wallonie, le seul star system qui existe est français. La seule émission qui faisait la promotion des artistes wallons, c'était 10 qu'on aime. Celle-ci n'existe plus, alors qu'en Flandre, l'équivalent Tien om te zien existe toujours."

Leki, Multiplicity (CNR). Au NRJ in the park le 20 septembre et au Beau Vélo de Ravel le 21.



© La Dernière Heure 2008
Propos recueillis par Karim Fadoul