Musique Groupe phare des années 90, les Cranberries étaient de retour en 2017 avec, sous le bras, un album best of de leurs succès en versions acoustiques The Cranberries Something Else (BMG). DH.be publie de nouveau un entretien datant de mai dernier, lorsque le groupe s'était produit au Cirque Royal de Bruxelles.

Auteurs de tubes devenus des classiques comme Linger, Zombie, Ode To My Family ou encore Salvation, Dolores O’Riordan, Noel et Mike Hogan et Fergal Lawler étaient de passage à Bruxelles le lundi 8 mai pour un concert au Cirque Royal. C’était l’occasion d’en savoir un peu plus sur ce disque, leur tournée et leur futur.

Comment est née l’idée d’enregistrer cet album acoustique ?

On m’a demandé de faire une apparition dans la dernière émission The Bachelorette, à la télévision américaine. J’ai accepté et il s’agissait de jouer avec un quatuor à cordes. C’est à cette occasion-là que nous avons décidé d’enregistrer ce disque avec un quatuor.

Qu’apportent ces nouvelles versions ?

Cela faisait plus de 20 ans que nous jouions ces chansons toujours de la même manière. En les réenregistrant, nous les avons habillées différemment et nous les avons adaptées pour que les parties des cordes puissent correctement se fondre dans la musique. Ça a représenté beaucoup de travail, mais ça a été plaisant à faire, excitant même. Nous avions déjà fait l’exercice pour l’émission MTV Unplugged et nous savions que nous en étions capables, mais nous avons parfois été surpris du résultat. C’est le cas sur Dreams qui, à l’origine, a un son très puissant et que nous n’avions jamais interprété en version acoustique. Idem pour Ridiculous Thoughts .

Pourquoi avoir ajouté trois titres inédits sur cet album ?

Nous pensons qu’il était bien de les ajouter pour les fans. Il s’agit de deux titres que j’avais écrit précédemment, Rupture et Why ? La troisième chanson, The Glory , nous l’avons écrite il y a quelques semaines.

Ça signifie un nouvel album à venir ?

Oui ! Sur cette tournée nous n’avons pas l’occasion d’essayer de nouvelles idées lors des balances car nous devons beaucoup travailler avec le quatuor qui nous accompagne (trois des quatre musiciens changent chaque soir parce qu’ils sont recrutés dans la ville où joue le groupe, NdlR) . Mais Noel m’a envoyé de nouvelles chansons. Nous allons travailler dessus quand nous aurons terminé cette tournée.

Quel regard portez-vous sur toutes ces années passées ensemble ?

Quand nous étions jeunes, le groupe c’était notre obsession permanente, toute notre vie. Mais nous n’avons jamais pensé que cela deviendrait quelque chose d’aussi énorme. À l’époque, on était content dans notre petite bulle, à faire des premières parties, etc. Et puis, tout est devenu gigantesque quand nous sommes allés aux États-Unis. Il y avait l’engouement des radios universitaires. On donnait parfois deux concerts le même jour ! Avant qu’on se pose pour créer nos familles, on travaillait tout le temps et en permanence sur la route. Quand on a repris du service, c’était comme recommencer à zéro. Les salles sont plus petites mais c’est aussi excitant tout en étant un défi quotidien. Il faut faire attention à sa santé en tournée parce qu’il y a beaucoup de pression. Avec l’âge, j’ai l’impression que c’est encore plus difficile que quand nous étions jeunes. À l’époque, ça ne m’affectait pas d’ouvrir et de fermer ma valise en permanence, de ne plus savoir dans quelle chambre d’hôtel je suis parce qu’elles s’enchaînent, etc. Mais aujourd’hui, c’est très dur.

Vous n’avez pas la nostalgie des années 90 ?

Les années 90, c’est la décennie la plus excitante sur le plan musical. Il y avait une énergie dingue à l’époque avec les Cranberries, Pearl Jam, Nirvana, Blind Melon, les Smashing Pumpkins, The Lemonheads, Radiohead et tant d’autres. L’industrie musicale se portait aussi très bien et les gens achetaient la musique qu’ils écoutaient, ce qui permettait de savoir combien de fans on avait. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas. Je suis très nostalgique de cette période-là.