Musique Exclusif ! Ennio Morricone nous a reçus chez lui, à Rome, pour révéler que son avant-dernier concert aura lieu en Belgique.

"Tout commence par le réalisateur qui me montre quelques morceaux de son film" , nous confie le compositeur de musique de films - qui nous a invité dans son vieil appartement romain surplombant la capitale italienne (au 12e étage d’un immeuble) - au sujet de son rituel de composition."Mais si le réalisateur me propose déjà des idées musicales, je refuse de les écouter. Après avoir vu le film et discuté avec lui de son contenu, je me mets au travail et lui propose quelques idées. Et uniquement après cela, on commence une véritable discussion avec le cinéaste. Je lui explique donc que, parfois, la musique que je jouerai avec un orchestre sera différente de celle que je viens de lui montrer au piano. Il faut qu’il soit prêt. Quand je compose, je m’adapte au film mais le réalisateur doit faire un effort pour comprendre ma musique (sourire) !"

Pour Ennio Morricone, auteur des mythiques bandes originales de Mission ou encore Le Bon, la Brute et le Truand, la musique est "un art abstrait qui doit dire et montrer ce qui ne se trouve pas dans le film".

Cette tournée européenne sur vos 60 ans de musique (et qui passe par la Belgique) est-elle celle de vos adieux ?

"Oui, en effet. En février, je vais arrêter les concerts. Ce sera vraiment la fin des tournées, même si on ne peut jamais dire que c’est totalement fini. Mais, normalement, en février (il sera le 13 à Anvers et sa toute dernière date aura lieu le 15 à Dublin, NdlR.) , je veux terminer ma carrière en ce qui concerne les concerts."

Qu’aimeriez-vous que le public retienne de votre carrière ?

"Je ne sais pas... J’aimerais forcément qu’il se souvienne de ma musique pour le cinéma mais surtout de ma musique absolue. Quelques morceaux de musique contemporaine qui ne sont pas liés au cinéma. C’est le plus important pour moi. Que le public ne me considère pas seulement comme un compositeur de musique de cinéma mais aussi comme un compositeur de musique absolue."

Y-a-t-il moins de liberté de travail à Hollywood qu’en Europe ?

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