La seconde vie du Pukkelpop

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

Musique

À la nuit tombante, Björk nous emmenait dans les tréfonds de son répertoire

HASSELT C’est un Pukkelpop serein et souriant qui s’ouvrait jeudi en terres campinoises, sans que le moindre nuage pointant à l’horizon ne vienne gâcher le début de la fête. Et chacun gambadait paisible sur la plaine d’une scène à l’autre au gré des huit que compte le festival.

Comme à son habitude, Dance Hall et Boiler Room n’auront pas désempli de clubbers excités, sous la toile des chapiteaux ou dans les courants d’air du dancefloor extérieur désormais en dur (l’an dernier, la structure n’avait pas résisté à la tempête et s’était écroulée, NdlR).

La tente Castello, renommée et déplacée pour les mêmes raisons, a quant à elle affiché complet tout au long de la journée, contraignant les fans retardataires d’Alt-J ou de Chromatics à un concert en sourdine. Qu’importe, nous allions trouver de quoi nous occuper les tympans ailleurs.

L’après-midi, le rappeur californien Snoop Dogg (qui a récemment troqué son pseudo pour celui de Snoop Lion, son nouvel alter-ego reggae on ne rit pas, NdlR), le génial duo baby punk-rock de L.A. The Bots et les magiciens pop écossais Django Django – véritablement magistraux ce jeudi – s’étaient offert respectivement les troisième, seconde et première marches du podium du début des hostilités

Peu après 20 h, alors que le doux soleil de ce premier jour se couche peu à peu au loin, on voit çà et là apparaître quelques petites laines sur les épaules des filles. Mais, rapidement, nos geeks musicaux préférés allaient faire remonter le mercure et tomber les chemises. Il y a deux mois à peine sortait – sous l’égide du toujours inspiré label Domino Records – le très réussi In Our Heads, cinquième chapitre de la discographie des Anglais Hot Chip.

Un disque à deux vitesses qui n’en touche pas moins par moments la grâce, de manière quasi maladroite. Pourtant, jeudi soir, le combo électro-pop n’allait pas tarder à faire bouger son public. Une prestation aussi professionnelle que spontanée, conjuguant à l’envi le récent et l’ancien, mais néanmoins rythmée par les hits du temps passé qui demeurent toujours les plus efficaces de leurs machines à danser.

Les planches de la Marquee ont joliment morflé. Prestation remarquée. Au tomber de la nuit, le Pukkel fut hypnotisé. La faute à Björk, ce soir en déesse aquatique aux cheveux bleus.

Si la venue d’un artiste à l’envergure de l’Islandaise est toujours attendue comme un événement dans ce genre de contexte, avec tous les espoirs fondés que cela entraîne, l’étrange grande dame venue du froid n’aura pas failli à sa réputation. En ce qui concerne le décorum tout au moins.

Avalanche pyrotechnique, choristes fantasmagoriques, visuels hypnotiques (entre planctons, cellules au microscope et voie lactée), rien ne nous aura été épargné, pas même la grosse machine faiseuse de champs magnétiques.

Côté mélodies par contre, les voix sont partagées. La nôtre aura trouvé ce set d’une heure 45 un tantinet longuet et parfois par trop en apnée.

Un show très cérébral et uniquement calqué sur l’organe – certes exceptionnel – de Björk que n’auront sans doute su apprécier à sa juste valeur que les fans de la vieille demoiselle.



© La Dernière Heure 2012
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