Musique La chanteuse belgo-italo-canadienne sort son 13e album, Camouflage, intégralement en anglais. Avant une tournée mondiale !

" Camouflage est simplement le titre d’une chanson qui raconte l’histoire de quelqu’un qui porte un masque" , confie Lara Fabian au sujet de son nouveau disque - un an après Ma vie dans la tienne - composé par la Suédoise Lara Moh Denebi et l’Américaine Sharon Vaughn (Willie Nelson, Boyzone). "À la fois pour se protéger et pour se mélanger afin de se garantir une place. Et on s’aperçoit un jour ou l’autre, même si le port de ce masque est une protection, qu’il nous permet de faire partie du groupe. Or, au final, il nous empêche quand même d’être complètement ce qu’on est. C’est une chanson qui raconte le risque que l’on prend une fois que l’on se désolidarise."

La chanteuse à voix avoue elle-même avoir déjà porté ce masque. "Ça nous arrive à tous, je ne connais personne qui ne porte pas un masque à un moment ou à un autre ", souligne celle qui vient de terminer la musique d’un film documentaire sur la sclérose latérale amyotrophique, la maladie qui a emporté sa tante. "Circonstanciellement, ça peut aider de porter un masque. Mais est-ce le choix à faire tout le temps ? Je ne pense pas, ça peut être fatigant au bout d’un moment."

Camouflage et sa vision du monde donnent le ton de l’album. Ce choix de l’anglais, est-ce une envie de s’exporter davantage ?

"J’ai toujours eu des chansons en anglais (il s’agit de son 4e disque entièrement en anglais, NdlR.) . Cette langue a toujours jalonné ma vie, depuis le tout début de ma carrière. C’est plutôt une continuité. Même si c’est forcément l’occasion d’aller sur les marchés où l’on ne parle pas forcément le français, comme pour mes prochaines dates en Allemagne, en Russie, à Barcelone, Milan ou New York. Chanter en anglais est un passeport linguistique qui ouvre plus de choses, c’est certain. Mais mon envie à moi était de retourner à une langue que je parle, que j’écris et que je chante depuis toujours. Je ne sais pas si c’est plus facile d’écrire en anglais, mais en tout cas, la musicalité de la langue ou la synergie entre la musique et la phonétique de la langue, est effectivement un peu plus évidente. Maintenant, dans le fond, pour raconter les choses, je ne suis pas persuadée que ce soit plus facile en anglais qu’en français."

En étant parfois invitée dans des événements gouvernementaux, n’avez-vous pas peur des reprises politiques ?

"Comme je chante souvent dans les pays de l’Est, comme à Moscou, c’est le risque. Après, on ne chante pas pour les dirigeants mais pour le peuple. Enfin, je ne vais pas enlever des chansons de mon répertoire parce que, dans certains pays, il y a un problème à ce que je les chante. J’ai quand même pris beaucoup de risques parfois, mais ce n’est pas grave. Je crois que la récupération politique n’est pas possible. Sauf si on prend position. Mais ce n’est pas mon rôle ni ma prérogative. Et, surtout, ce n’est pas mon champ d’expertise."

Il s’agit plutôt de l’engagement, comme sur le titre Communify ?

"Exact. C’est un mot que j’ai inventé pour passer un message. C’est la combinaison entre communiquer et unifier . Une chanson basée sur le principe de la communication non violente. Sur l’intégrité de l’être humain, de son identité. La cause LGBT me tient particulièrement à cœur, tout comme la communication. Car d’un vrai dialogue jaillit le meilleur de ce qu’on est. Et parfois, on ne prend pas le temps de simplement écouter l’autre. Pour bien vivre et bien vieillir, la clé c’est de parler et d’écouter. Il faut unir nos pensées à l’intérieur de ce dialogue."

Ce que vous avez réussi à faire avec votre mari magicien, Gabriel ?

"Oui, en effet. En plus de m’épanouir, il est déjà venu chanter avec moi sur la dernière tournée et il avait aussi fait des tours de magie sur la tournée de l’album Le Secret . Ma famille, c’est ma priorité. Mon enfant Lou et mon mariage restent mon centre et mon plus grand succès dans la vie. C’est pourquoi je les embarque tous avec moi pour The Voice Canada . Je n’aurais pas pu être coach de l’émission si cela n’avait pas pu être le cas (sourire) !"

Camouflage, 12 chansons en anglais dont Growing Wings (Sony et Warner Music). Et Lara Fabian sera en concert le 9 juin 2018 à Forest National.


"Un jour, je ferai sûrement de la chirurgie esthétique"

Qui dit nouvel album, dit nouveau look et une pochette plus pop et sexy pour Lara Fabian. "À un moment donné, on grandit, explique la future coach de La Voix (The Voice, NdlR) au Canada. On évolue, on vieillit. On essaye simplement de bien vivre dans son époque et son monde contemporain."

Rien n’effraie Lara Fabian, pas même l’âge. "J’ai trop une âme de gosse , sourit-elle. Ça ne m’effraie pas car je vieillirai comme tout le monde. J’ai 50 ans mais je suis persuadé que tout se joue dans la tête quand même. Des gens à 20 ans sont déjà vieux et il y en a d’autres qui à 60 ans sont encore des gamins. J’ai toujours pensé que je ne vieillirais pas - ou bien. Bref, on verra (sourire) ! "

Pour autant, la chanteuse à voix n’exclut pas la chirurgie esthétique. "Je n’en ai encore jamais fait et j’en ferai sûrement un jour. Mais, honnêtement, je n’en ai pas encore fait car ça me fait flipper, ces aiguilles, et surtout ces paralysies des muscles. Quand tu es fâchée, ça ne se voit pas du tout tellement tu es figée (sourire) !"

Lara Fabian l’assure, le fait de vieillir est nourri par l’esprit. "Sans doute aussi parce que j’ai une petite fille, Lou, et que l’on n’a pas besoin d’être parfait pour être aimé par l’autre, comme je l’explique dans la ballade Perfect ." Une femme épanouie avec son mari. "Ça donne une grande confiance dans la vie d’être très aimée. Même ce qu’on n’aime pas de soi est attendrissant pour l’autre. On récupère ainsi la partie de confiance qu’on avait perdue grâce à l’autre. Ça règle pas mal de problèmes !"