Musique Florent Neuray, un des trois Belges de la troupe, est un ancien de Pour la Gloire

BRUXELLES Il y eut les trois Belges de Roméo et Juliette. Il y aura aussi trois Belges dans une des grandes comédies musicales parisiennes de la rentrée: Les demoiselles de Rochefort (à partir du 26 septembre au Palais des Congrès et une toute première à Lille dès le 16 septembre). La différence, c'est qu'ici, nos compatriotes font d'emblée partie de l'équipe de base. Deux d'entre eux ont déjà un sérieux curriculum, à commencer par Mélanie Cohl qui avait été cinquième à l'Eurovision, en 1998, avec Dis oui. Ici, elle hérite du rôle que Catherine Deneuve défendait au cinéma, en 1967.

Le deuxième Belge, Nuno Resende, est un des trois de Roméo et Juliette. Le troisième, un Liégeois de 19 ans, Florent Neuray, n'avait, à son palmarès, qu'une participation à Pour la gloire. Et s'il a gagné le premier rôle masculin du spectacle, il explique que c'est, quelque part, grâce à... Jenifer. Celle de la Star Academy. «Et aussi grâce à un livre, L'Alchimiste, de Paolo Coelho. Cette philosophie a dirigé ma vie. Le hasard aussi! Car c'est vrai que cette rencontre inattendue avec Jenifer a fait que je suis tombé amoureux de ce monde du show business. En fait, je me trouvais en spectateur à Forest National, au premier rang, pour le spectacle de la Star Academy. Par l'intermédiaire de copains, Jenifer a proposé que je vienne la saluer dans sa loge. Un miracle! Depuis, même si on ne s'est pas vu souvent, on s'est appelé quelques fois. Elle m'a invité à Paris, pour son spectacle de Bercy. Et là, je prenais un petit café dans un bistrot, près de la salle, avec un Belge qui appartient au monde du show business. Il m'a présenté à Gérard Louvin en précisant que je chantais aussi. Là, deuxième miracle, Louvin m'a parlé d'un projet en me disant que j'avais exactement le profil qu'il recherchait. Il m'a proposé de passer le casting. Que j'ai fait en chantant Quand on n'a que l'amour de Brel. »

Florent Neuray explique que, dans la chanson, il a une passion pour les anciens: «J'ai un papa âgé de 75 ans. Ce qui signifie que j'ai été bercé sur les chansons de Chevalier, Trenet et Brel.»

Il avait 17 ans lorsqu'il apprit que le rôle de Maxence était pour lui: «Quelle chance pour moi! Déjà le fait de travailler avec un Monsieur de la dimension de Michel Legrand. En tombant du nid, à 17 ans, on ne pouvait pas rêver mieux. Et lorsque je me relèverai, j'aurais déjà quatre années de travail avec de grands professionnels.»

Une journée dans la troupe des Demoiselles de Rochefort: «Tous les jours, trois heures et demie de danse! Ce qui représente quatre heures avec les étirements. Puis trois heures et demie de comédie. Et deux heures de chant! On commence d'ailleurs par le chant.»

Avant de vivre toute cette aventure, Florent Neuray n'avait qu'une expérience: Pour la gloire où il avait été finaliste: «Je n'ai pas gagné! Mais j'avais appris que j'obtenais le rôle de Maxence la veille de la finale. Autant dire que je suis rentré à 4 heures du matin et qu'il fallait être aux enregistrements à 8 heures...»

Ses rapports avec Mélanie Cohl: «En tant que Belges de la troupe, nous étions assez chariés au début. Mais mon amie, c'est Frédérica Sorel avec qui je chante, en duo, Ma seule chanson d'amour. Avec Frédérica, je me suis vraiment trouvé une soeur. Et sans aucune ambiguïté.»

Demandez lui si un rôle dans une comédie musicale pour ouvrir à une carrière: «Sans parler de Garou, de Patrick Fiori ou de Daniel Levi, qui sont des stars, je constate que Nuno se retrouve chez nous, que Damien Sargue prépare la sortie de son album et que Cécilia Cara a fait un duo avec Ronan Keating. Je vous garantis que je serais heureux de faire un duo avec quelqu'un de cette dimension. Notre but est d'en faire un métier, pas forcément de devenir une star.»

CD Les demoiselles de Rochefort, Universal - En spectacle, au Zénith Arena de Lille, le 16 septembre

© La Dernière Heure 2003