Musique

"L’ex-chanteur de Carte de séjour avait connu un grand succès dans les années 80 avec sa reprise de Douce France.

Rachid Taha est décédé dans la nuit de mardi à mercredi. Le chanteur algérien a succombé à une crise cardiaque à l’âge de 59 ans.

Il s’était fait connaître en 1986 avec son groupe Carte de séjour en reprenant un standard de Charles Trenet, Douce France. Malgré ce succès, Carte de séjour s’est séparé trois ans plus tard. Rachid Taha a alors commencé une carrière solo marquée par quelques beaux faits d’armes. Parmi la dizaine d’albums enregistrés, on retiendra le live 1, 2, 3 Soleil mis en boite avec Khaled et Faudel, extrait du spectacle du même nom.

On se souvient aussi de sa reprise du titre culte des Clash, Rock The Casbah devenu Rock el Casbah parce que revu à la sauce maghrébine par Rachid Taha. Interrogé en 2004 sur cette chanson lors de la sortie de l'album Tékitoi, son disque le plus abouti et salué par la critique, le chanteur avouait avoir des doutes sur son initiative: "J'ai failli ne pas prendre ce morceau justement parce que c'était u ne évidence. Peut-être que c'est une erreur, d'ailleurs, de l'avoir fait." Un avis que ne partageait pas Mick Jones, le célèbre guitariste des Clash pour qui la version de Taha était nettement supérieure à l'originale.

Mais ce qui lui a valu une reconnaissance planétaire, c’est une autre reprise, sortie en 1998 sur l'album Diwân, celle du titre Ya Rayah, un classique des classiques de la musique populaire algérienne, l'hymne des immigrés algériens. "C'est moi qui ai insisté auprès de la maison de disques, à l'époque, pour enregistrer un clip et tout, confiait-il à la DH il y a 14 ans. Ils ne s'attendaient pas à ça parce qu'on ne vivait pas dans la même réalité. La mienne, c'était celle de la nuit. Et la nuit, on entendait ça. Les mecs passaient le disque dans les boîtes, tout le temps. En concert, je la fais à ma manière. Et non, je ne a traîne pas comme un boulet. Ca me fait plaisir de la chanter, à chaque fois."

En 2016, il avait été récompensé par une Victoire de la musique pour l’ensemble de son œuvre. Mais le chanteur, aussi connu pour avoir brûlé la chandelle par les deux bouts, déplorait le sort qui lui avait été réservé précédemment. Lors de la sortie de Zoom, son dernier album paru en 2013, Rachid Taha n'y allait pas par quatre chemin: "Il y a eu des salauds. Il y en a, dans ce métier. Mais ce sont les mêmes problèmes que pour tout le monde. Des histoires d’amour qui finissent mal, disons… Mon dernier album a été sacrifié, en dépit des bonnes critiques. Que dalle. Rien. On n’a rien fait pour moi." "Si ça m’a donné la niaque, ajoutait-il, ce n’est que vis-à-vis de moi. Je n’ai jamais été revanchard. À la limite, j’ai même pensé que c’était de ma faute. Et ça m’a obligé à revoir mon cahier de textes. Il faut toujours positiver. C’est peut-être l’effet de la cinquantaine…"

Il se dit que Rachid Taha s'apprêtait à sortir prochainement un nouvel album.