Musique

Les temps sont plutôt cléments pour ceux dont les oreilles frétillent à la simple évocation du terme popstar. Il y a quelques semaines, Katy Perry publiait son nouvel opus, Prism. Aujourd’hui, c’est Lady Gaga qui offre à la planète - en attendant la galaxie, puisqu’elle planifie, effet Gravity oblige, de se produire dans l’espace - son nouvel album, le quatrième, ARTPOP. Avant le retour programmé, début décembre, de la princesse Britney Spears.

Quand on est donc une artiste pop d’aujourd’hui, il faut batailler dur pour évidemment mériter sa place au firmament, mais avant tout pour simplement attirer à soi quelques spotlights. À ce deuxième jeu, Lady Gaga n’a rien à envier à la concurrence. Seule la petite Miley Cyrus lui fait de l’ombre. Mais l’excentricité et le buzz en matière musicale n’ont jamais permis de solidifier les bases d’une longue carrière. Si Madonna n’avait été qu’une éternelle fausse vierge agrippée à sa croix, son histoire se serait arrêtée là. Lady Gaga, qui s’est depuis mis la Madone à dos à force de copycat, n’a visiblement pas retenu cette leçon-là.

La reine autoproclamée d’une nouvelle pop - elle est en ce sens aussi influencée par le king égocentrique du hip-hop Kanye West - intitule son nouvel album ARTPOP. Un choix audacieux (et en lettres capitales !), guidé par une pochette réalisée par l’artiste Jeff Koons. Et c’est à peu près tout ce qu’on trouve en relation avec ce terme qui, pour Lady Gaga, exprime son envie de faire "l’inverse de Warhol […], c’est-à-dire mettre de l’art dans la boîte de soupe". Ce qu’on entend, souvent, tout au long de cet ARTPOP, c’est justement de la soupe recouverte de sons techno (Aura), gangsta (Jewels N’Drugs), peu inventifs (Donatella) ou parfois venus du siècle dernier (sa sempiternelle influence madonesque des années 80).

Et notre déception est encore plus grande quand on se rappelle tout le potentiel de Stefani Germanotta démontré sur ses deux premiers albums, qui trouve ici quand même écho sur Dope (hormis les paroles) en piano-voix. Un titre comme on attendait de la Gaga. Talentueuse. La retrouvera-t-on un jour telle quelle ? Ses Little Monsters, eux, ne se posent pas la question. Ils adhèrent à son art, quel qu’il soit.