Musique Le célèbre chanteur néerlandophone de musique classique est enfin de retour avec un album ( Faith, Hope & Love) qui arrive à point nommé.

"Ce que je faisais sur scène et dans ma vie privée commençait à… décaler" , sourit le charmant Helmut Lotti, qui cherche encore parfois ses mots en français, à propos de sa longue absence (son dernier album, Time to Swing, datant de 2008). Ce n’était plus moi alors que je dois être une seule et même personne. On est toujours différent sur scène mais je voulais me trouver dans le vrai monde, aussi comme artiste. Et plus dans ce monde parallèle de bonbonnière (rires)." Le chanteur belge de 47 ans (autant connu en Flandre qu’en Wallonie) évoque ici ce milieu classique fait de costume noir et nœud papillon. D’où son changement de look - la boule à zéro - qui a choqué plus d’un fan de notre Elvis national. "Quand on perd les cheveux, c’est parfois mieux de tout couper sinon on a l’air très bizarre , assume-t-il. Quand il y a des problèmes, c’est parce que les gens vous ont connu d’une autre façon. Il est toujours difficile pour eux de s’adapter à une nouvelle situation. Si j’avais commencé rasé, il n’y aurait jamais eu de problèmes."

Ce changement radical, à la fois musicalement et physiquement, résulte du fait que vous ne vous sentiez plus vous-même ?

"J’ai fait de très bonnes choses, ce n’est pas cela que je veux dire mais j’avais aussi l’impression que j’étais en train de jouer Helmut Lotti alors que je veux être Helmut Lotti. Je voulais que les gens me connaissent mieux quand ils écoutent ma musique, même si je n’y parle pas de moi. J’ai donc pris de la distance parce qu’il était temps de faire quelque chose d’autre. Je me suis mis de côté, j’ai sorti un album en néerlandais (NdlR: Mijn hart en mijn lijf en 2013) qui était une sorte d’histoire de mes réussites et de mes frustrations. Un moment charnière car sans cet album, je n’aurais pas pu faire celui-ci."

Ce n’est donc pas un énième album de reprises ?

"À part Everybody Hurts , Higher and Higher ou Insha’Allah d’Adamo, les reprises ne sont pas très connues. Si cela devait être le dernier disque de ma carrière, ce sont les morceaux que j’aurais voulu. Je me sens complet maintenant car j’ai changé mon son et ma façon de chanter. C’est de nouveau avec un grand orchestre mais cela sonne moins glossy, plus naturel. Je ne chante plus fort juste pour chanter fort mais seulement quand c’est nécessaire. J’étais idéal pour la nostalgie des gens mais je voulais faire autre chose."

Faith, Hope & Love est plus que jamais d’actualité. Il faut croire, avoir de l’espoir et surtout aimer ?

"Oui, mais croire en quoi ? Dans l’amour, je pense. Sans amour, on ne peut pas avoir d’espoir, et sans espoir on ne peut pas croire. Je pense que c’est l’ordre correct. L’amour est à la base de tout, même dans les religions, ce qui est bizarre. Il ne faut pas être religieux ou non religieux pour être un bon humain. Chacun doit construire son propre système pour avoir une moralité qui est en accord avec notre civilisation. Je crois en la puissance de la nature mais nous n’en sommes que des moustiques."

La religion est d’ailleurs le fil rouge de ce disque, qui oscille entre pop et musique orchestrale, mais pas religieux pour autant…

"Exact. C’est un album sur la religion mais pas de religion. Il est pop et non chrétien même s’il possède deux chansons de gospel I’ve got confidence et Serving The Lord . Ma seule opinion est de positiver dans n’importe quelle situation. Dieu reste très abstrait et une foi sera toujours plus forte que toute la misère. Chaque survivant est comme ça, tout le monde veut vivre. Et personne ne peut m’empêcher de vivre comme je veux.

Faith, Hope & Love (Sony Music) et bientôt en concert en Belgique.


Les galères d'Helmut

"J’ai vécu des choses pas très agréables dans ma vie mais il faut toujours croire que le bien sera plus fort que le mal." A quoi s’accrocher quand tout va mal ou comment devenir plus heureux ? Tel est le message du nouvel album (Faith, Hope&Love) d’Helmut Lotti et plus particulièrement de la chanson I Like The Way You Lie. "Se raccrocher à l’amour, c’est mieux que la drogue, l’alcool ou laisser gagner la frustration, insiste celui qui est marié (pour la troisième fois même s’il dit avoir été "trop sage" dans sa vie amoureuse) "et heureux" avec la journaliste littéraire Jelle Van Riet depuis 2009. Ce n’est pas parce qu’on a volé mon vélo que j’ai le droit d’aller en voler un à mon tour." Et le chanteur sait de quoi il parle, lui qui s’est mis dans la peau d’un sans-abri pendant 48 heures, à Bruxelles (en dormant, dans le froid, à côté du palais royal), pour l’émission Ook getest op mensen sur la Eén en 2014. Une expérience d’exclusion "horrible" qu’il exprime dans sa chanson Won’t You Help Me car ça l’a rendu "malade. J’ai tout suite vu qu’on faisait tout pour faire fuir ces gens de la rue. Or, c’est de notre devoir de les aider, c’est dans toutes les religions. Sauf le néolibéralisme…"