Musique À 73 ans, Mick Jagger est toujours en pleine forme. Et n’entend pas quitter la scène de si tôt. Rencontre.

C’est un immense honneur, un privilège rare que de se retrouver devant l’inoxydable Mick Jagger. Notre Satisfaction était donc non contenue. À 73 printemps, depuis le 26 juillet, le toujours très vert show man revient sur sa bondissante carrière.

Quand vous vous produisiez avec les Stones à Wembley, est ce que vous vous imaginiez qu’un jour, à plus de 70 ans, vous seriez encore dans le circuit ?

"Vous savez, j’étais déjà assez vieux quand certaines personnes ont commencé à me dire - j’avais alors 30 ans - "Quand est-ce que vous comptez prendre votre retraite ?" (rires) . À cette époque, trente ans, c’était un peu comme le partage des eaux. Vous deviez forcément suivre un courant qui vous emmenait vers la sortie ! Le contraire était inenvisageable ! À 30 ans, vous pouvez bien sûr continuer à chanter. Mais dans un groupe de rock, les gens se disaient que c’est impossible. Personnellement, j’étais loin de m’imaginer que je durerai si longtemps et surtout que je serai encore capable de me produire sur scène ! J’ai toujours cru que je jetterai l’éponge le jour où mes fans en auront marre de nous voir ! Pour l’heure ce n’est pas le cas. Et comme en plus, je trouve toujours le même plaisir à chanter, je ne vois pas pourquoi je tirerai ma révérence !"

Vous souvenez-vous de la première chanson que vous avez écrite et si oui quel âge aviez-vous ?

"J’avais 19 ans la première fois que j’ai écrit une chanson c’était pour les Rolling Stones avec Keith Richards, mais le résultat était très mauvais (rires) Nous étions surtout déterminés à écrire, parce que nous aimions bien qu’on parle de nous ! Qu’on reconnaisse notre talent ! C’était une époque où on se la jouait un peu ! (rires) Ce qui nous a surtout poussé à écrire nos chansons, c’est le fait que nous n’arrêtions pas d’interpréter des reprises. Il était vital que nous ayons dans notre répertoire nos propres chansons. Nos propres compositions. Des titres vraiment originaux. Le problème, c’est que Keith et moi, avons commencé à écrire des chansons tellement embarrassantes, tellement nulles qu’on les donnait à d’autres pour qu’ils les chantent. (rires) De temps en temps, on en sortait une bonne, notamment As Tears Go By qu’interprétait Marianne Faithfull. Cette chanson a été un vrai tube, et même si ce n’était pas notre style de musique, cela nous a vraiment encouragés à poursuivre dans cette voie !"

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