Musique

Retour sur quelques concerts auxquels nous avons assisté lors de la première journée Ronquières Festival 2017.

Noa Moon en toute fraîcheur

Après les beatboxers de Berywam et les Brainois de Keep Yourself Alive, Noa Moon avait rendez-vous avec le Ronquières Festival sur les coups de 15 heures. Révélée par le tube Paradise il y a quatre ans, l'artiste revient avec un nouvel album, Azurite, dont le tube Sparks a fait le bonheur des radios.

Sur la scène Tribord du Ronquières Festival, après une fâcheuse averse de début d'après-midi, la chanteuse a bénéficié d'une belle éclaircie pour déballer un set aussi lumineux que le ciel brainois. A l'image du mariage heureux consacré sur son nouvel opus, Noa Moon alterne chansons douces et tubes entraînants. Entre deux prestations, l'artiste échange timidement avec un public qu'elle avait rencontré à ses débuts sous le plan incliné. La simplicité touchante du petit bout de femme de 25 ans fait mouche. Elle n'hésite pas par ailleurs à lâcher la guitare pour se déhancher sur une reprise de Major Lazer & Dj Snake. Les musiciens gèrent parfaitement l'adaptation de Lean On, Ronquières danse.

Romeo Elvis & Le Motel, Bruxelles est bien arrivé

Avant de terminer son show, Noa Moon invite le public à profiter de l'artiste qui va lui succéder sur la scène Tribord. Elle écoute son album en boucle cet été. Comme beaucoup d'autres. Romeo Elvis est le nouveau phénomène du rap belge.

Accompagné de son DJ Le Motel et de quelques invités ambassadeurs de cette nouvelle vague, le Bruxellois ne ménage pas ses efforts pour se mettre le public dans la poche. Lequel répond présent immédiatement. Jump, main en l'air, pogo… Ronquières mouille le maillot et le beau Romeo confirme son statut de bête de scène. Le hip-hop belge 2.0 est fait pour les concerts. Les MC exhortent leurs fans au rythme des grosses basses. Et certaines prestations se transforment en séance de Zumba, la qualité musicale en plus. Samedi, la mayonnaise a merveilleusement pris sur la scène Tribord.

House of Pain, bouge ta tête!

Ironie du sort ou clin d'œil des programmateurs, c'est à la nouvelle vague du rap que répondent des tauliers du genre. Après le phénomène Romeo Elvis, House of Pain a repris le mic sur la scène Bâbord.

Connu mondialement pour leur hymne Jump Around, les Irlandais dignes représentants du hip-hop West Coast ont pris de l'âge, mais gardent la pêche. Si certains pontes d'Outre-Atlantique ont pour l'habitude de beugler sur des bandes enregistrées dans une cacophonie assez décevante, House of Pain ne mange pas de ce pain-là. Une batterie donne la réplique aux platines de DJ Lethal, les têtes bougent dans l'assistance. Moment Nutella de la journée: après avoir enchaîné les gros sons old school dont un efficace Next Episode emprunté à Dr. Dre, le leader du groupe attrape une guitare pour reprendre Johnny Cash. On avait presque oublié qu'Everlast avait fait une carrière solo dans le rock/blues ponctuée par le tube What It's Like. Le concert s'est achevé par le titre légendaire que tout le monde attendait et qui souffle ses 25 bougies en cette année 2017. Jump Around n'a pas déçu, Ronquières a sauté.

Matmatah is back

Disparus des radars depuis près de dix ans, les Bretons ont fait leur retour cette année avec un nouvel album, Plates Coutures. Un opus plus calme et plus mature dans la discographie des rockers. Mais Stan et ses acolytes restent des bêtes de scène et l'ont prouvé à Ronquières samedi.

Matmatah a ainsi livré une prestation endiablée, l'une des plus belles et des plus efficaces de la journée. Familial et convivial, le public était en osmose avec le rock enjoué des Bretons. Les bambins sautillaient sur l'Apologie autour de parents tout sourire. La magie de la musique.

Suarez en terrain conquis

Quatrième album et troisième passage au Ronquières Festival pour Suarez. Marc Pinilla, David Donnat et les trois N'Java jouaient devant un public acquis à leur cause. Loin de se reposer sur leurs lauriers, les musiciens ont assuré pour le plus grand bonheur de leurs fans. Ballades suaves agrémentées par quelques clins d'œil du jury de The Voice pour ses groupies. Ou mélodies joyeuses aux parfums malgaches pour faire danser la foule à l'image du redoutable Qu'est-ce que j'aime ça… Ronquières a aimé et en redemande. L'histoire de Suarez et du plan incliné ne devrait pas s'arrêter là.

Air, French Touch à a belle étoile

Grosse tête d'affiche de cette édition 2017, Air a manqué son rendez-vous avec le public du Ronquières Festival. Musicalement, les Français ont déroulé une prestation de haut vol dans un décor lumineux avec la tour du plan incliné et les étoiles pour témoins. L'électro aérienne des icônes de la French Touch avait de quoi emporter les esprits réceptifs. Vêtu de blanc derrière ses claviers, Jean-Benoît Dunckel a enchaîné les morceaux avec la maîtrise d'un gourou. Mais bon nombre de festivaliers n'ont pas embarqué, refroidis par la bise nocturne et l'introspection des artistes. Il aura fallu attendre Sexy Boy pour que le public restant retrouve quelques couleurs. Plus tard dans la nuit, Kid Noize et Salut c'est Cool avaient pour mission de raviver des festivaliers un brin groggy.