Musique Le coup de gueule de Marc Blaton, le producteur de Bérénice. Un homme d'affaires découvre l'univers du disque...

BRUXELLES Eternity, le disque de Bérénice, est sorti le 5 décembre et, à ce jour, il n'est pas entré dans le top des meilleures ventes nationales. Ce classement est connu chez nous sous le nom d' Ultratop. Par contre, le même disque est entré -attention, la nuance! - dans l' Ultratip où il a atteint la quinzième place.

L' Ultratip est un classement tenant compte d'un savant dosage, avec les ventes, mais aussi les passages en radio et du clip en télé. En général, l'un suit l'autre. Sauf dans le cas de Bérénice. Ce qui rend furieux le producteur de l'animatrice-chanteuse, Marc Blaton.

Habituellement, Marc Blaton dirige une des plus grandes sociétés de construction du pays, doublée d'une affaire immobilière. En un mot comme en cent, Marc Blaton est un homme d'affaires de très grande expérience. Mais, en découvrant les coulisses du monde du disque, il a fait des yeux gros comme ça: «Le problème est simple: on ne trouve le disque de Bérénice nulle part! Elle-même, à Bel RTL, elle a reçu des dizaines de SMS d'admirateurs qui lui demandaient où ils pouvaient acheter son disque. Car pour passer sur antenne, il est passé. On a parlé de Bérénice et de son disque dans les journaux, dans les magazines... Mais il y a, à l'arrière, un énorme problème de diffusion. Il semblerait que ce soit fréquemment le cas pour tous les artistes belges qui sortent un disque... Ici, nous avons mis d'énormes moyens financiers et artistiques, en nous basant sur une personnalité qui est aimée du public et sur le professionnalisme d'une maison de disques importante. Je n'ose pas imaginer ce que doivent vivre ceux qui n'ont pas les mêmes possibilités que nous...»

A la vérité, Marc Blaton avait déjà approché le monde du disque voici une vingtaine d'années: «J'avais déjà fait les mêmes constats à l'époque. Rien n'a évolué depuis. Mais j'y suis revenu parce que je crois en Bérénice. C'est d'ailleurs moi qui ai eu l'idée de l'inciter à chanter. Simplement parce que je trouve qu'elle a une belle voix. Quand je lui en ai parlé, voici un an, elle m'a raconté que son père était musicien et qu'elle-même avait des notions de flûte traversière. Et que chanter était un rêve pour elle. Dix jours plus tard, j'ai ramené, de la Côte d'Azur, un ensemble de maquettes que je lui ai demandé d'écouter. Elle a fait ses choix. Et durant ses vacances, en juillet, nous sommes allés là-bas pour enregistrer. Je l'ai vue souffrir au début, mais progresser très vite. En quatre jours, cinq titres étaient en boîte. Dans des styles très différents: groove, house, pop rock, une mélodie... C'est ce qui me fait dire que Bérénice est une chanteuse tout-terrain. De retour en Belgique, j'ai voulu parfaire le travail. Nous avons engagé Guy Wacou, qui a réalisé Dieu m'a donné la foi pour Ophélie Winter et qui travaille régulièrement avec Pascal Obispo. Quand j'ai soumis le résultat à la firme PIAS, ils ont mis sept minutes pour signer. La seule chose, c'est qu'ils nous demandaient de renoncer à une avance, en guise de garantie, mais, en contrepartie, ils s'engageaient à presser cinq mille disques. Nous avons eu un deal avec RTL pour la promotion du disque avant Noël. Le 25 décembre, Bérénice chanteuse était l'invitée du journal parlé. Elle a eu une promotion comme peu d'artistes belges. Malgré cela, au moment où son disque atteignait la 15e position de l' Ultratip, on le retirait des bacs des disquaires. C'est à n'y rien comprendre. Nous avons voulu, nous-mêmes, acheter des quantités importantes. On nous répond qu'il est... impossible de le commander!»

D'autres singles et un album de Bérénice sont prêts. Marc Blaton: «Mais dans un contexte comme celui-ci, j'avoue que j'hésite à les sortir. Il faudrait peut-être faire comme tout le monde: partir en France!»

© La Dernière Heure 2003