Musique Marc Ysaye est actuellement en Sicile où il a échangé quelques derniers mots avec son ancien "compagnon de route" Mario Guccio.

"On savait depuis longtemps qu’il était dans un état critique. J’ai donc décidé de prendre le premier avion pour la Sicile afin de le voir une dernière fois. Je m’en serais voulu si je ne l’avais pas fait", nous confie Marc Ysaye, ému, en direct de l’île située non loin de la botte italienne. Pour le directeur de Classic 21 et membre de Machiavel, Mario Guccio était "bien plus qu’un ami. C’était un frère, un compagnon de route, un frère d’armes" avec qui il a fait de la musique pendant quarante ans. "Je l’ai trouvé à l’hôpital, encore conscient. On a eu le temps de se dire ce qu’on avait à se dire… Plein de jolies choses… Il n’avait pas peur de la mort. Il voyait ça comme un passage vers autre chose. Vous savez, il s’est battu pendant longtemps contre cette maladie. Mais je l’ai vu sortir grandi de ce combat qu’il a finalement perdu. Nous sommes tous complètement dévastés par cette triste nouvelle."

Quel souvenir allez-vous garder de Mario Guccio ?

"Un très bon. C’était un mec génial. Il avait une générosité immense. Il donnait tout ce qu’il avait dans tous domaines, que ce soit sur scène ou encore en amour. C’était un visionnaire. Quand il avait une idée en tête, il allait jusqu’au bout pour la réaliser. C’était à la fois quelqu’un de fort et de doux. Et surtout, c’était un très grand chanteur. Même si on s’est quelques fois engueulé, on est resté très amis."

Imaginez-vous Machiavel sans lui ?

"Ce ne sera plus jamais le même Machiavel. Mario était le ciment du groupe. Ce que nous nous sommes promis, c’est d’assurer les dates de l’Ancienne Belgique. Mario souhaitait qu’on le fasse, donc on le fera. On va entrer en phase de réflexion puisqu’un album était prévu pour 2019. Mais clairement, nous ne savons pas encore ce que nous allons faire. C’est encore trop tôt."

Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec Mario Guccio ?

"Bien sûr ! Comment l’oublier… On cherchait un chanteur pour le groupe car je jouais de la batterie et je chantais. Je savais le faire, mais ça ne tenait pas la route. Mario s’est présenté sans savoir qu’on cherchait quelqu’un. Il est arrivé avec ses longs cheveux, il ressemblait à Angelo Branduardi (rires) . Après une minute, on s’est dit : C’est bon, c’est le mec qu’il nous faut ! Et, il a eu le job."