Musique Il signe quatre chansons sur le nouvel album de la chanteuse

BRUXELLES La chanson Quand les sangs qui lance le nouvel album de Maurane est de Gildas Arzel. Cet album contient un nouveau duo avec Lara Fabian (Mais la vie), un autre avec Véronique Sanson et un troisième avec Marc Lavoine. Il y a même une mini participation amicale de Stephan Eicher à la fin du titre qui donne son nom à l'album (Quand l'humain danse). Mais l'événement, c'est que Goldman a écrit quatre des seize nouvelles chansons de Maurane: «Quand on prépare un album, le défrichage est un gros travail. J'avais reçu pas loin d'une centaine de chansons, envoyées par de nombreux auteurs. A un moment, il faut trancher. En garder seize, ce n'est rien à côté de ce que j'aurais voulu mettre. Dans le cas des chansons de Goldman, cela s'est passé de façon particulière. Lui-même, il était parti d'une douzaine d'idées, mais avait effectué une première présélection de chansons qui me ressemblaient le plus. Et plutôt que de me faire écouter les chansons, il me les a fait chanter phrase après phrase. C'est sa méthode à lui. Qui m'a fait beaucoup rire d'ailleurs. Mais il a l'habitude de travailler comme ça et c'est ainsi que j'ai découvert les chansons. Il m'en a donné quatre en me disant: «Tu en fais ce que tu veux!»

Dont une s'intitule Ce que le blues a fait de moi.

«C'est mon premier gros blues qui tâche. Mais j'aime bien. Et je sais que ça fait plaisir à des gens qui pensent que je suis une chanteuse de blues qui s'ignore. Mon frère en premier! Mais ce n'est pas non plus ce que j'écoute. J'écoute plus de flamenco, de musiques pakistanaises de Nusrat Fateh Ali Khan, ou du brésilen, de l'africain ou les éternelles Mystérieuses voix bulgares.»

Goldman et vous, vous êtes très amis?

«C'est un bien grand mot. On se connaît depuis 1981. Nous nous étions rencontrés dans une émission de radio à l'époque où il commençait avec Il suffira d'un signe . Depuis il a fait le chemin qu'on connaît. Malgré cela, il lui est arrivé de venir voir mes spectacles et je ne le savais qu'après, par un petit mot ou un bouquet de fleurs. C'est quelqu'un de très classe."

Pourquoi n'aviez-vous jamais travaillé ensemble?

«On en avait parlé. Jamais rien de précis. Il s'est passé qu'il fut de plus en plus sollicité et que, moi, je n'ai jamais plus osé aborder le sujet, parce que je ne voulais pas le déranger. Je sais que, d'un autre côté, lui, il n'aime pas s'imposer. Voici deux ou trois ans, après un Resto du Coeur , nous avons rebavardé ensemble et là, je lui ai dit: «Est-ce qu'un jour tu me la feras, cette chanson?» Il m'a proposé de se voir spécialement pour en parler, en précisant que, si ça ne se faisait pas, il ne fallait pas que cela entrave notre amitié. Avec lui, tout est toujours simple. Mais il a vécu toutes les guerres et tous les bonheurs de ce métier et cela lui a appris à prendre beaucoup de recul. Il relativise les choses. Quand il n'est pas d'accord, il n'a pas envie de conflits. C'est un homme qui a décidé d'être heureux, toujours d'humeur très stable, avec une espèce de constance fasinante. Moi, je suis plus portée vers les hauts et les bas. ça se calme un peu avec l'âge. Mais je reste toujours plus instable.»

Maurane, CD Quand l'humain danse, Universal

© La Dernière Heure 2003