MC Solaar dévoile ses cartes

Propos recueillis par Luc Lorfèvre Publié le - Mis à jour le

Musique Son nouvel album, Cinquième as sort ce mardi 13 février. Entretien

BRUXELLES Dix années de métier n'ont pas changé MC Solaar. Quand il vient nous saluer, dans le hall de l'hôtel Métropole, c'est avec les mêmes gestes et la même attitude cool que lors de notre premier entretien, à l'époque de Qui sème le vent récolte le tempo. Démarche nonchalante, sourire spontané qui tient lieu de respiration, discours qui mélange franchise et esprit en fuyant comme la peste les lieux communs Son nouvel album, Cinquième as, sort ce mardi 13 février. Il nous en parle sans passer la main

Généralement celui qui sort un Cinquième as emporte la mise. C'est votre but?
"C'est plutôt un joker. Je n'avais plus été en studio depuis quatre ans. Durant ce laps de temps, les cartes ont été redistribuées. On ne m'attend plus et je débarque par surprise."

En 1998, votre dernier CD studio MC Solaar a été descendu par la critique. Vous êtes-vous posé des questions sur la suite de votre carrière?
"Je n'ai jamais douté quant à mon potentiel de création. C'est vrai que les gens avaient du mal à me positionner. A l'époque de Paradisiaque , ce n'était plus tout à fait du rap, et pas tout à fait de la chanson non plus. J'étais en rupture avec les étiquettes. Mais certainement pas dans la marge. Les choses ont changé. Regarde Lauryn Hill, elle fait son truc personnel, un peu hip-hop, un peu reggae, un peu soul . On parvient malgré tout à la classer. Je considère comme un compliment quand on me dit: `ton album, c'est du 100% Solaar´ .

La chanson Lève toi et Rap, c'est un peu votre biographie. Non?
"C'est comme Jésus avec l'aveugle et le paralytique. Il dit: `Lève toi et marche´ . Moi, c'est `Lève toi et Rap.´ Mon tout premier single , c'était Bouge de là . C'est la même idée. Quand j'étais ado, je ne m'étais pas spécialement destiné à une carrière dans le rap. Je voulais être footballeur. Plusieurs clubs pros m'ont approché. Le rap, j'en faisais avec des potes. Pour m'amuser. Quand ils ont entendu ce que je faisais, ils m'ont encouragé à aller plus loin. A me bouger C'est le message que je veux lancer."

Quand on écoute vos chroniques de la banlieue (Dégâts collatéraux, R.M.I.) ou votre version d'un fait-divers tragique (Arkansas), on se dit que vous auriez pu faire un bon journaliste
"J'ai deux sources d'inspiration. La première, c'est les sorties. Je vois beaucoup de choses, je rencontre beaucoup de gens, j'écoute et j'apprends. Et puis il y a la presse. C'est dans les journaux que j'ai lu l'histoire de ce gosse de 8 ans qui a fait un massacre dans son école. D'autres articles parlaient de la montée de violence dans nos banlieues, du fait qu'après la guerre en Yougoslavie, de nombreuses armes légères circulaient un peu partout dans l'Hexagone. C'est comme ça qu'est née la chanson Arkansas".

La célébrité vous a imposé dans les pages musicales mais également dans les rubriques people. Cela vous a-t-il fait tourner la tête?
"A un moment donné, j'ai éclaté. Mais pas à cause de la presse. C'était plus confus. C'est arrivé en tournée. J'étais sans cesse entouré de gens. Dix-huit heures par jour Il n'y a que lorsque je dormais que j'étais seul. Un soir, j'avais bu un peu d'alcool et je me suis énervé. Mais en général, ça va. Je ne suis pas un bad boy . Cette leçon a été enrichissante. Aujourd'hui, je sens quand je risque de péter les plombs et je fais gaffe."

Repartez-vous bientôt sur la route?
"Je ferai le point d'ici deux ou trois mois mais quoi qu'il arrive, je ne me lancerai pas en tournée avant septembre 2001. Je souhaite quelque chose de très fort, de très visuel. Cela demande réflexion"
"Mercenaire plutôt que missionnaire"


Solaar décortique sa prose et met les points sur les i

BRUXELLES Parler de choses sérieuses ou futiles mais toujours avec un soin proche de l'obsession pour trouver le mot juste Tel a toujours été le credo de MC Solaar. Nous l'avons fait réagir à certaines formules qu'il utilise sur son opus.
"Je suis plutôt mercenaire que missionnaire." (sur Solaar pleure) "Je suis un mercenaire. Je combats toujours au nom de la musique. Il y a des gens qui me poussent. Parfois j'en croise dans la rue. Ils me disent: "n'écoute pas les critiques, continue ton prose-combat."

`Je me soigne. La musique est ma thérapie. Aussi sûr que 3,14 = Pi.´ (sur Hiphopaloorap). `Cette formule-là, elle n'est pas de moi mais elle me convient. C'est un réel plaisir pour moi d'écrire et de faire mon truc, quelque part entre chanson et rap.´

`Les mannequins au top sortent avec des stars de la pop.´ (sur L'aigle ne chasse pas les mouches) `Je vous vois venir! Non, ce n'est pas une référence autobiographique par rapport à une relation que j'ai eue dans le passé. Cette réflexion est basée sur ce que j'ai vu un soir dans une boîte de nuit parisienne. Il y avait cette jeune fille venue d'un pays de l'Est. Un mannequin. Elle avait 14 ans. Elle buvait de l'alcool et dansait sur une table devant des hommes plus ou moins connus dans le business. Elle essayait de les séduire. J'assiste souvent à ce genre de spectacle. Les célébrités font tourner la tête des jeunes filles. Elles doivent se ressaisir.´

`On m'en voulait car j'avais ce qu'ils voulaient.´ (sur Lève toi et Rap) `Lorsque j'ai commencé à faire du rap, des amis m'ont dit, sur un ton admiratif, que je devais persévérer dans cette voie car j'avais un don. D'autres étaient plus jaloux. Ils me considéraient comme un concurrent pas très loyal. Il y a un côté arrogant dans cette remarque. Pour être honnête avec vous, je dois avouer que je voulais que les gens m'en veulent.´

`Steve Carter, enfant de 8 ans.´ (sur Arkansas) `C'est un fait-divers que j'ai découvert dans plusieurs journaux. Un gosse en Arkansas qui, suite à une simple dispute avec une élève de sa classe, a monté une véritable opération commando dans son école. En treillis militaire et avec toutes les armes que son père lui avait appris à utiliser J'ai voulu raconter cette histoire à la première personne sans utiliser le moindre terme militaire. Et j'ai atténué les propos et surtout le bilan. Le pire, c'est que son père en était fier´

`Assis sous son saule pleureur, Solaar pleure.´ (sur Solaar pleure) ´ Ce texte n'est pas un testament. Il m'est venu quasi automatiquement comme si le stylo me dictait ce que je devais écrire. L'idée, c'est le passage de la vie à la mort. Alors, sous le saule pleureur, je pleure avant de monter au paradis et de redescendre bien vite sur terre. C'est une sorte de délire mystique mais avec une fin plutôt positive.´

MC Solaar, Cinquième as (Warner), sortie ce mardi 13.

Propos recueillis par Luc Lorfèvre

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