Musique

Nathalie Pâque et Morgane ! Deux Liégeoises qui, en leur temps, voici vingt-cinq ans, avait, chacune, été la petite fiancée de la Belgique.

Nathalie Pâque n’avait pas 12 ans lorsque, le 6 mai 1989, à Lausanne, cette petite Liégeoise représentait… la France à l’Eurovision. Au cours de la fête qui suivait le concours, elle fut rappelée sur scène pour un duo avec… Céline Dion.

Qui était là en tant que lauréate en titre, venue pour remettre le prix au vainqueur. Trois ans plus tard, une autre Liégeoise, Morgane, chantait, pour la Belgique, Nous on veut des violons . En plus de l’âge et d’Eurovision, elles ont des tas de points communs.

Les deux ont été des grandes figures de l’époque Dix qu’on aime. Depuis, Nathalie a trouvé l’amour dans la région parisienne et les occasions de retrouvailles sont devenues rares. Ça leur arrive de faire ensemble une reprise de Mamma Mia, de Abba. Ce qui pose d’ailleurs, à Morgane, un petit problème qui la fait rire : " Avant, je n’avais encore jamais chanté en anglais…"

Elle rechante en Belgique !

Un retour ! Nathalie Pâque chantera le 6 octobre à l’Os à Moelle, à Schaerbeek, et le 7 à l’Académie de Hannut.

Après les années d’or de l’époque de l’émission Dix qu’on aime, entre 1989 et 1995, la reconversion de Nathalie Pâque ne l’a pas conduite dans les sphères des succès du disque, mais elle a eu quand même une carrière extraordinaire : "Les comédies musicales ! L’Opéra royal de Wallonie avait obtenu, à Paris, le Molière du meilleur spectacle musical avec Chantons sous la pluie et j’en étais ! Là, il ne suffisait pas de chanter : il fallait jouer et surtout danser les claquettes. J’en avais fait quand j’étais petite. Mais quand Jean-Louis Grinda, le directeur de l’Opéra de Liège, m’a proposé une audition, un ami m’a fait travailler pendant trois semaines. Il m’avait préparé un numéro qui permettait de faire penser que j’étais la meilleure du monde. Ce que je n’ai jamais été, loin s’en faut. Mais j’ai été prise et, après, le chorégraphe du spectacle, Barry Collins, m’a fait travailler des claquettes à raison de cinq heures par jour. Les gouttes tombaient, mais je n’ai pas lâché. Et le pas qu’il voulait, j’ai fini par l’avoir. Lorsque la chanteuse principale du spectacle a dû nous quitter, ils m’ont donné son rôle. L’année suivante, ils montaient Titanic en comédie musicale. Nous avons créé le spectacle en 2000 à Liège et, pour les fêtes de fin d’année, nous l’avons donné à Avignon. C’est là que j’ai rencontré mon mari."

Il travaillait dans l’aéronautique. "Et rêvait d’être chanteur. Il a tout laissé tomber pour tenter sa chance. Il y a eu des auditions pour Avignon. Il a été pris. Puis je suis allée vivre avec lui près de Senlis. Nous sommes mariés, mais j’ai gardé la nationalité belge."

Après, pour une autre comédie musicale, Nathalie a été Blanche-Neige. Il y en eut d’autres et aussi Broadway Baby, un spectacle, centré sur elle, et sur les grandes comédies musicales de Broadway. "Puis le moment est arrivé où la maman a pris le dessus. Mais un jour, mon fils m’a dit : ‘Maintenant, mon frère et moi, on est grands ! Tu peux refaire de la scène !’ Depuis deux ans, j’ai un travail au parc Astérix. J’étais engagée comme chanteuse et comédienne. Puis ils m’ont demandé de faire la mise en scène de deux de leurs spectacles. Je continue mais, a vec un guitariste du parc et un percussionniste dont le fils est dans la classe du mien, nous avons monté un spectacle acoustique. Celui que nous venons donner en Belgique."

"En Turquie, avec Kylie Minogue"

Morgane était partie à l’Eurovision avec une chanson écrite pour elle par Claude Barzotti. Elle reste sa choriste de luxe : "Parfois, selon les circonstances, j’assure sa première partie ! Claude tourne énormément et partout. Avec lui, je suis allée chanter quatre ou cinq fois au Liban. Au Sénégal aussi. Et en croisière ! Claude part régulièrement chanter au Québec. Là, les lois canadiennes obligent les artistes étrangers à engager des musiciens locaux. Je n’y suis donc jamais allée et c’est un regret. Le Québec est un pays qui me fait rêver."

Claude Barzotti lui avait proposé aussi de l’accompagner à Haïti. "J’ai dû refuser. Parce que… j’ai un autre métier. Je travaille dans une école, près de chez moi, qui offre à ses enfants une sensibilisation artistique. Les enfants font du théâtre, de la danse, de la musique… On leur fait inventer des chansons. Pour eux, c’est magique et, souvent, des enfants qui ne sont pas doués pour l’école prennent confiance en eux à travers cette expérience. Je travaille avec des petits, depuis la troisième maternelle jusqu’à la sixième primaire. J’adore ça ! Si je n’ai pas pu partir à Haïti, c’est parce que nous avions le spectacle de Noël."

En vingt-cinq ans de scène , Morgane a participé à d’autres expériences. "Un spectacle spécial Balavoine. Surtout, pendant sept ans, j’ai participé aux concerts de Noël de Jean Vallée. Je l’avais rencontré à la RTBF, sur le plateau d’une émission qui réunissait des anciens de l’Eurovision. Il m’a proposé de venir dans ses tournées de Noël. Chanter dans des églises, c’est vraiment mon truc. Il y a une atmosphère que j’adore. Jean Vallée nous a quittés, mais j’aimerais continuer. Sans reprendre son concept, ni ses chansons. Mais j’ai ce projet-là : un spectacle de Noël, seule avec une chorale d’enfants. Ce sera un clin d’œil à Jean, à qui je pense encore beaucoup."

Il y a aussi un spectacle de reprises de France Gall et de chansons françaises. "Dans mes spectacles, j’ai toujours glissé des chansons de Brel ou de Piaf."

Elle a aussi son spectacle à elle. "Je le donne le plus souvent dans la région liégeoise."

Son bilan de l’Eurovision ? "Des souvenirs magiques ! La Turquie avait été un des seuls pays à voter pour moi. J’ai été invitée là-bas. Je m’y suis retrouvée au même programme que Kylie Minogue. Nous étions dans le même hôtel. J’étais aux anges…"