Oscar & the Wolf : "Je rêve de composer pour le cinéma"

Charles Van Dievort Publié le - Mis à jour le

Musique Trois ans après Entity et une ascension fulgurante, Oscar & the Wolf sort son second album.

Le talent ne se mesure pas au nombre d’albums vendus. Encore que, serait-on tenté de dire, lorsqu’il s’agit d’Oscar & the Wolf. En trois ans, le groupe electropop belge derrière lequel se cache le ténébreux Max Colombie a su se faire un nom et une réputation qui ont très largement dépassé nos frontières.

Sorti de nulle part ou presque en 2014 avec son premier album Entity, il est très vite passé de la "petite" scène de l’Ancienne Belgique à celle de la Lotto Arena d’Anvers avant de se hisser sur les podiums des plus grands festivals, dont Rock Werchter. Histoire d’asseoir son succès, Oscar & the Wolf s’est aussi offert la deuxième meilleure vente d’albums pop rock en Belgique en 2014. Excusez du peu !

Un succès qui ne s’est pas démenti depuis puisqu’avant même la sortie d’Infinity - disponible depuis le 29 septembre - il était à l’affiche de deux soirées consécutives au Sportpaleis d’Anvers, le temple abritant habituellement les prestations des Lady Gaga, Ed Sheeran et James Blunt.

Êtes-vous nerveux à l’approche de ces deux gros concerts ?

"Très nerveux. Parce que ce sont concerts millimétrés. Il n’y a pas de place pour l’improvisation. Je vais devoir en permanence penser à ce qui va se passer et à ce que je dois faire parce que je souhaite inclure des choses un peu folles. J’ai moins cette pression en festival car les gens ne paient pas uniquement pour venir me voir."

Comment avez-vous vécu les 3 dernières années, celles de votre succès ?

"Ça a été si vite que je n’ai pas eu le temps d’y penser. Je me suis laissé porter par la vague sans pouvoir réaliser ce qui se passait. En un an seulement, j’ai dû devenir un artiste professionnel. C’était difficile et j’avais beaucoup de pression sur mes épaules."

Ça ne vous a pas plu ?

"C’était à la fois difficile et amusant. Au final, ce furent de bonnes années parce qu’il s’est passé quelque chose. On va voir ce que ça va donner avec ce nouvel album. Le succès est toujours quelque chose de volatil. Personnellement, je ne l’ai jamais recherché. La musique est mon métier en ce moment mais pas pour l’éternité. Ce qui m’est arrivé, c’est ce dont je rêvais à 14 ans. À présent, je pense à faire un troisième album et une tournée. Ensuite, je me dis que je ferais peut-être un break pour pouvoir voyager et écrire des chansons pour d’autres personnes."

Comme ce que Stromae a fait ?

"Son break, il l’a fait après son second album, non ? Quel veinard ! Je pense que je vais mourir si je fais le même boulot toute ma vie. Il y a tellement d’autres jobs que je pourrais faire et qui pourraient m’amener à créer de nouveaux univers. J’aimerais vraiment beaucoup explorer d’autres contrées plus tard."

Quels domaines ?

"Je rêve de composer pour le cinéma. Mais si je le fais, ce sera à Hollywood, pas en Belgique ! Ce n’est pas que les choses ne soient pas bien chez nous, mais je veux le faire comme on le fait à Hollywood, avec les mêmes moyens. Un de mes amis est guitaristes pour des compositeurs de musiques de film, il a notamment composé pour la saga des Ocean’s Eleven , etc. Il m’a raconté que quand vous êtes en charge d’un projet, vous pouvez appeler à n’importe quelle heure du jour et de la nuit pour avoir telle chose ou tel musicien dans la seconde. Je m’imagine claquant des doigts pour que Mark Ronson se présente dans la minute (rires). Mais soyons réalistes, je suis encore bien loin d’Hollywood. Je connais quelques personnes là-bas mais il faut surtout avoir un nom pour s’y imposer."


"Je ne veux pas être connu aux États-Unis !"

La fulgurante ascension d’Oscar&the Wolf ne s’est pas limitée à l’Europe. En octobre 2015, quelques jours à peine après la prestation de Stromae dans le mythique Madison Square Garden, le groupe belge se produisait dans le cadre du CMJ Music Marathon de New York. Un festival que convoitent des centaines d’artistes tentant de se faire remarquer. Mais l’expérience américaine ne semble pas avoir laissé un souvenir impérissable à Max Colombie. "Les États-Unis, c’est un piège", dit-il. "Je ne comprends vraiment pas comment fonctionne ce pays, la musique et comment y faire carrière." Il prend pour exemple le parcours d’un certain Justin Bieber. "Il a été contraint de se produire partout, dans tous les campus. Absolument tous ! Je ne veux pas de ça. Je ne veux pas qu’il m’arrive ce qui est arrivé à Justin Bieber. Je ne veux pas être connu aux États-Unis ! Où alors, ce qui serait cool, c’est de jouer au Madison Square Garden mais de ne pas être reconnu dans la rue. Un peu comme Stromae."


Charles Van Dievort