Musique Interview commune exceptionnelle de Paul McCartney et Ringo Starr pour le documentaire The Beatles: Eight Days a Week.

L’événement n’est pas courant. Paul McCartney et Ringo Starr, les deux derniers survivants des Beatles, se sont retrouvés voici quelques jours à Liverpool pour la première du documentaire de Ron Howard, The Beatles : Eight Days A Week - The Touring Years. L’occasion pour eux de donner une encore plus rare interview en commun Liverpool Echo, dans les mythiques studios d’Abbey Road.

"Cela reste de grands souvenirs pour moi, explique le batteur de 76 ans. Ce n’est pas comme si nous vivions à Beatleland depuis des années. Nous avons nos vies, nos familles, nos affaires. Mais ce concept (de documentaire) est arrivé et nous permet de revoir nos vies en tant que copains, tous les quatre ensemble à nouveau."

Une manière comme une autre de ne pas cacher que ce ne fut pas toujours le cas. Ce que confirme explicitement le bassiste de 74 ans. "Toute une période autour de la rupture des Beatles s’est assez mal passée, et a laissé des souvenirs assez désagréables. C’est longtemps resté en moi. Quand j’y pensais, c’était, vous savez, grrrr. Puis, j’ai commencé à voir les photos et les extraits de films de nous quand nous étions juste des amis. C’est ce que nous étions : juste des amis, et c’est super de s’en souvenir."

Les anecdotes s’enchaînent alors dans la mémoire des deux septuagénaires. "Ce dont il faut se rappeler, c’est qu’au début, nous logions dans des chambres d’hôtes, pas des hôtels, lâche en riant Ringo Starr. Mais même lorsque nous allions dans les plus grands hôtels, nous ne prenions que deux chambres. Nous aimions être ensemble."

Paul McCartney, lui, s’étonne devant l’écran. "Certaines images, personne ne les a jamais vues. D’autres sont sorties mais nous les avions oubliées, parce que nous étions trop occupés à être les Beatles. Nous ne l’analysions pas, nous l’étions tout simplement."

Et pour illustrer son propos, il évoque le refus du groupe de donner en 1964 un concert à Jacksonville, en Floride, en raison de la ségrégation imposée dans le public par les autorités. "C’est aussi super de se le rappeler. Je l’avais presque oublié. À l’époque, cela n’avait pas beaucoup de signification pour nous. Cela nous semblait une idée stupide (de séparer le public en fonction de la couleur de la peau). ‘ Mais en y revenant, désormais, c’est un peu : Wow, nous avons fait quelque chose de formidable et j’en suis très fier .’"

Le documentaire de Ron Howard se focalise uniquement sur les 815 concerts donnés dans 15 pays entre juin 1962 et août 1966. Et regorge de confidences. "Nous étions des gosses, nous avions la trouille, explique Maca. C’était le cirque. On n’écoutait pas la musique. On commençait tous à se lasser. On ne pouvait pas rester les gentils garçons du début." "Nous étions normaux, le monde était fou", ajoutait le regretté George Harrison.

Grâce à The Beatles : Eight Days A Week - The Touring Years, actuellement visible au cinéma, "d’une certaine manière, nous sommes de nouveau réunis avec John et George, conclut Paul McCartney. C’est très spécial." Immanquable pour les fans.

Les Beatles, champions des ventes

2,3 milliards d’albums vendus entre 1963 (et le tout premier album - à l’époque cela s’appelait un 33 tours- Please please me) et nos jours, 1,6 milliard de singles écoulés depuis 1962 et le premier tube, Love Me Do (avec P.S. I Love You en face B du 45 tours), 900.000 CD et 2 millions d’albums digitaux encore achetés rien qu’en 2015 : les chiffres sont hallucinants. Et permettent aux Beatles d’occuper la tête des plus grands vendeurs d’albums de tous les temps. Impressionnant de la part d’un groupe qui n’a existé que dix ans.

Et dont la fin mit le monde entier en émoi en 1970. "Pendant si longtemps, nous formions un groupe de quatre personnes , relate Paul McCartney . Puis, nous nous sommes séparés, mais nous étions toujours un groupe de quatre. Nous étions les ex-Beatles." Plus vraiment quatre potes puisqu’il fallut attendre quatre ans de bataille juridique pour que la dissolution du groupe soit officialisée, le 29 décembre 1974.

"Ensuite, quand John est mort, ce fut une période très difficile, conclut McCartney. Cette perte a été ressentie dans le monde entier, alors, vous pouvez imaginer l’impact qu’elle a eu sur nous."