Musique Greg Duret a composé un tube sur un homme blanc arnaqué par une Africaine, avec une dose d’autodérision à la belge et un zeste de coupé-décalé de type façon-façon.

Le buzz, l’artiste belge Greg Duret ne connaissait pas encore. Mais sa chanson Pamela la brouteuse cartonne en Côte d’Ivoire et elle pourrait bien dépasser ses frontières.

Il faut dire que le thème de la chanson amuse les Ivoiriens et les Africains. Brouter signifie arnaquer et la chanson raconte ainsi l’histoire d’un homme blanc plumé par une arnaqueuse prénommée Pamela. "Il y a des campagnes anti-broutage en Côte d’Ivoire mais l’arnaque des cœurs, c’est machiavélique, ingénieux, et cela fait rire les Ivoiriens", glisse Greg Duret, alias DJ Petit Piment, son nom de scène africain donné par un ami ivoirien.

L’aventure de ce tube entraînant, où figure aussi une bonne dose d’autodérision à la belge pour se moquer du pigeon blanc, a démarré en juin 2015. "La metteuse en scène suissesse Marielle Pinsard m’avait contacté pour composer la musique pour son spectacle On va tout dallasser Pamela sur la séduction en Afrique francophone. Nous sommes allés en Côte d’Ivoire pour que je m’imprègne de la danse coupé-décalé" , explique l’artiste belge de 46 ans, spécialisé à ses débuts dans les percussions de l’Afrique de l’Ouest. "Je suis sorti dans les bars populaires de la capitale Abidjan. Et en journée, j’ai composé le morceau avec mon mini-studio portable."

Lors de répétitions à Abidjan en décembre pour la pièce de théâtre contemporaine, qui sera notamment jouée au Tarmac à Paris du 15 novembre au 2 décembre, la metteuse en scène s’est rendu compte du potentiel de la chanson. Et elle a proposé à Greg Duret de le produire.

L’artiste aux multiples casquettes - il est aussi musicien, comédien, metteur en scène… - résidant à Bruxelles, né à Tournai, et ayant grandi entre la cité des Cinq Clochers et Mons, a accepté. Des artistes du coin y ont mis leur patte, comme Bebi Philip, Jenny Mezile et Shanaka. Sans oublier les deux danseuses entourant DJ Petit Piment, des jumelles issues des quartiers populaires d’Abidjan, baptisées les Espelettes. Et Roland Gogo qui a réalisé un clip endiablé avec une chorégraphie basée sur du coupé-décalé, de type façon-façon. Ce qui plait également beaucoup aux Ivoiriens.

La chanson a été lancée en juillet en Côte d’Ivoire. Elle a fait un tabac. "C’était un gros délire au début. Je ne m’attendais pas à un tel buzz. Un second morceau est au moins prévu. C’est quoi qu’il en soit une très chouette expérience. "