Musique

Avec 125.000 festivaliers réunis sur le week-end à Arras, le Main Square 2017 fait mieux que son précédent record d’affluence (120.000). 

Un résultat qui a notamment été rendu possible par la grande qualité de la programmation, mais aussi par l’organisation impeccable qui a jalonné les trois jours du festival. Ajoutez à cela la bonne réputation et l’écho dont jouit l’évènement couplés à la bonne mentalité des fêtards et vous obtenez un cocktail idéal pour vivre un moment musical unique.

Vendredi, System of a Down était venu faire renaître l’âme d’adolescent des Arrageois et Arrageoises d’un soir grâce à ses nombreux succès interprétés dans une ambiance incroyable. Aerials, Toxicity, Chop Suey, Lonely Day ou encore Atwa, tous les voyants étaient au vert pour lancer le festival sous les meilleures auspices. Dans la continuité, Vitalic, qui a commencé la musique par le trombone avant d’assister à un concert des Daft Punk et de basculer dans l’électro, est venu étancher la soif des noctambules pour clôturer la soirée avec un mix haut en couleurs.

Samedi, Rag’N’Bone Man, Talisco et Jain ont été à la hauteur de leur (bonne) réputation. Notons l’escapade dans le public, en bulle géante, de l’interprète de Makeba et Come ainsi que le concert complètement déluré des sud-africains de Die Antwoord. Ninja et Yolandi Visser auront étonné les néophytes et conforté leurs plus grands fans. Le port d’une camisole de force devrait être envisagé d’urgence… mais quel vent de fraîcheur ! En soirée, le Toulonais Kungs a mixé devant une Green Room pleine à craquer et totalement déchaînée. Le jeune DJ âgé de 20 ans avait des étoiles dans les yeux. Il l’aura répété suffisamment durant son show : « Je n’ai jamais joué devant autant de personnes. Vous êtes des fous. » Pour clôturer la soirée sur la Main Stage, les Américains de Major Lazer sont venus ambiancer… mais c’est à peu près tout ce que l’on en retiendra. S’il y avait un bémol à placer sur la belle partition du festival, ce serait précisément sur ce moment du week-end. Beaucoup trop Drum’n’bass et « violent » comparé aux titres officiels. Mis à part des danseuses légèrement vêtues et des chanteurs se contentant de lancer des « Main Square, make some noise », « Hands up, hands up », « Jump, jump, jump », etc. pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Dimanche, Radiohead a refermé cette cuvée 2017 de manière incroyable. Plus de 2 heures 30 de concert. Oui, c’est expérimental. Oui, c’est lyrique. Oui, Thom Yorke habite indubitablement sur une autre planète… mais on aimerait avoir la chance d’y vivre à ses côtés. Le groupe formé en 1985 a offert un show de haute volée ponctué par quelques-uns de ses titres les plus connus avec Creep, No Surprises ou encore le transportant Daydreaming. Quelle santé. Quel talent. Quel plaisir. Mention spéciale à l’Angevin Thylacine qui nous a fait goûter à son electronica douce. Si vous ne connaissez pas encore ce beatmaker, il est à découvrir d’urgence.

Main Square, on se reverra l’an prochain avec le plus grand des plaisirs avec, pourquoi pas, un quatrième jour comme le voisin belge Rock Werchter ?