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Un millier de "Juggalos", ces fans d'un groupe de rap américain à l'imagerie parfois violente, manifestaient samedi à Washington contre le FBI, qui les a classés comme gang en 2011, dénonçant "les discriminations" dont ils estiment maintenant être victimes.

Devant le célèbre Lincoln Memorial, plusieurs Juggalos sont venus raconter les difficultés auxquelles ils sont confrontées depuis la décision du FBI: perte d'emploi, perte de la garde des enfants, contrôles abusifs de la part de la police, etc.

"On veut expliquer au public à quel point ça nous impacte d'être considérés comme un gang. On veut raconter notre histoire", expliquait à l'AFP avant la manifestation Scott Donihoo, qui gère un site dédiée à la culture des Juggalos, et s'est exprimé sur scène samedi.

"On ne cherche pas à être acceptés, on veut juste qu'ils nous comprennent", a-t-il ajouté, reconnaissant que certains Juggalos avaient pu commettre des crimes, mais que ces derniers n'étaient pas imputables à une communauté qui dépasse la dizaine de milliers de membres.

A l'origine le terme "Juggalo" définit les fans d'un groupe de rap "horrocore", aux sonorités proches de celle du métal et inspiré de l'imagerie des films d'horreur: Insane Clown Posse.


Depuis la fin des années 80, les Juggalos sont souvent déguisés en clowns pour imiter les membres de ce groupe.

Le FBI les a mis sur sa liste des gangs en 2011, mais après que seulement quatre Etats du pays (Arizona, Californie, Pennsylvanie et Utah) aient fait de même, aiment à rappeler les Juggalos.

Dans son rapport rendu cette année-là, la police fédérale américaine a décrit les Juggalos comme un gang "hybride", comprendre multi-ethnique, à la différence de la grande majorité des gangs, et "organisé de manière approximative".

Dans une ambiance pacifique, une immense majorité des manifestants, très souvent piercés et tatoués, arboraient des styles vestimentaire extravagants et revendiquaient leur simple liberté de pouvoir le faire.

"Tous les trucs bizarres auxquelles vous pouvez penser, les Juggalos vont l'accepter", racontait Logan Wolfe, membre d'un groupe LGBT, avant d'ajouter: "Nous sommes beaucoup plus ouverts que le reste de la société".

Les manifestants, souvent venus en couple ou en famille avec leurs enfants, attendaient le clou du spectacle en fin de journée: un concert de leur groupe fétiche, Insane Clown Posse.