Musique En chantant avec ses tripes, le colosse a la voix de velours a fait frémir l’Ancienne Belgique. De bonne augure avant Werchter cet été.

« Peut-être n’est il pas uniquement humain après tout… » telle est la réflexion qui ressort après le concert ovni, hier soir, du charismatique kid de Brighton. Venu présenter son premier album qui caracole déjà dans les charts, l’interprète du tubuesque Human (moment électrisant du concert) a livré une prestation hypnotisante aux bruxellois.

Si physiquement, le colosse au look de bucheron canadien tatoué -mais avec une chaine en or comme les rappeurs US- est déjà impressionnant, Rag’n’Bone Man -Brit Award de la révélation de l'année 2017- en impose aussi sur scène. De son Ego où il termine en rappant au final sur un Die easy a capella qui a fait frissonner toute la salle, le chanteur de 32 ans à la voix rauque a embrasé intérieurement une AB peuplée d’hipsters comme lui. «Est-ce que quelqu’un a écouté mon album, à part ma mère? » plaisante-t-il, simplement généreux et heureux d’être là.

Rag’n’Bone Man, le « ferrailleur » de la musique

Réputé pour être une force sensible, l’interprète du frissonnant Skin a l’art de concilier les genres musicaux. Ou comment faire du neuf avec du vieux, en passant de son timbre de voix soul au blues, jazz, folk ou hip hop et même « au gospel moderne » comme nous glisse notre voisin de droite. Entouré de quatre musicos et d’une choriste qui s’éclatent autant que lui sur scène (que ce soit sur The Fire, Lay My Body Down ou encore Grace et Odetta), l’homme est d’une humanité hypnotisante. Et pas uniquement pour ses textes souvent forts sombres. Rory Graham, de son vrai nom, nous rappelant qu’il a « aussi des chansons joyeuses dans mon répertoire, hein ». Rag’n’Bone Man (ferrailleur en anglais) s’amusera même à nous partager quelques anecdotes sur la genèse de ses chansons avant chaque titre.

Bref, un colosse à l’image de sa voix: un nounours emphatique. Rag, pour les intimes, ayant déjà fait des adeptes dans le milieu. Comme Will Barber (même physique de barbu, même voix et même type de personnage) dans The Voice France cette année. Son début de vie comme aide-soignant, s’occupant de patients atteints du syndrome d’Asperger (autisme) et de Down (trisomie 21), transpire ainsi dans chacun de ses morceaux tant l’interprète de Humanon se plaint de choses futiles ») est un hymne à la tolérance à lui tout seul. Avec des paroles entêtantes aussi trippantes qu’interpellantes: « Je ne suis qu’un être humain, après tout, ne mettez pas votre responsabilité sur moi »