Musique

“Célébrez la diversité.” C’est le mot d’ordre de ce 62e Eurovision, dont la première demi-finale se déroulait hier soir à Kiev. Côté présentation, pour la diversité, on repassera puisque les Ukrainiens ont choisi trois garçons (tous présentateurs de télé dans leur pays) comme sortis tout droit d’un James Bond.

C’est la Suède, qui s’est imposée six fois depuis la création du concours, qui ouvre les festivités avec un titre pop et qui lorgne fortement du côté de Justin Timberlake. Changement d’ambiance avec la Georgie et la ballade Keep the Faith, qui – et on y revient encore – pourrait figurer au générique d’un… James Bond. Mais n’est pas Adèle qui veut.

Juste avant la Belgique, voici l’Albanie, dont la candidate ressemble à une petite poupée… avec beaucoup (trop ?) de voix. Et portant un costume qui pourrait avoir été imaginé par Tim Burton.

Mais, dans une superbe robe noire, voici enfin venir Blanche. Si sa chanson est magnifique, avouons que la jeune femme a l’air stressé (et on le serait à moins) et que, du coup, elle n’envoie pas comme on l’imaginait... Il faudra attendre les derniers accords pour qu’on sente qu’elle y met ses tripes et son cœur. Et là, ça devient impeccable. Soyons chauvins : jusqu’ici, c’est ce que l’on a entendu de mieux.

Mais il est encore tôt et il reste treize candidats à entendre. Dont le Montenegro qui la joue Queer et strass et l’Azerbaïdjan gothique. Choix beaucoup plus poétique pour le Portugal et le poète lisboète Salvador Sobral, qui chante dans sa langue et dont on ne s’étonne pas qu’il soit l’un des favoris des bookmakers.

La soirée se poursuit avec quelques grosses fautes de goût, des robes, comment dire?, des chansons qui s’oublient dans la seconde, d’autres dont on aurait préféré qu’elles ne commencent jamais. Jolie surprise avec la Moldavie qui, visuellement, assure. Et musicalement étonne. La République tchèque aussi, a ce petit quelque chose de plus (d’élégance). Ou de moins (de paillettes). Dans l’ensemble, les derniers candidats semblent d’ailleurs des prétendants plus sérieux. Comme Chypre et son titre Gravity. Dernière candidate à défendre ses couleurs - et elle n'en manque pas! - la Lettonie propose un méli-mélo de manga, de pop, de fluo et peu de musique. Bref, on n'est pas mécontent que ça se termine…

Reste maintenant au public à voter et à choisir les heureux élus parmi les 18 pays qui ont tenté leur chance dans cette première manche.C'est là qu'on trouve le temps vraiment long. Heureusement, il y a Jamala, la gagnante de l'an dernier, qui nous rappelle pourquoi c'est elle qui l'avait remporté avec "1944". Et qui en profite pour présenter son nouveau titre.

Un petit tour par les Big Five - les cinq pays qui sont qualifiés d'office - histoire de découvrir les chansons de l'Espagne, l'Angleterre et l'Italie (les autres seront pour la jeudi soir lors de la deuxième demi-finale) et on va pouvoir s'attaquer aux résultats. Pour rappel, les votes sont composés d'une part par les professionnels du secteur de la musique, dans chaque pays participants et, d'autre part, par ceux du public.

Dix pays sont retenus: la Moldavie, l'Azerbaijan, la Grèce, la Suède, le Portugal, la Pologne, l'Arménie, l'Australie, Chypre et, finalement, la Belgique. Enorme ouf de soulagement, notamment dans les studios de la RTBF où on misait beaucoup sur la jeune Blanche. "Il y avait du lourd, derrière! Du costaud. Nous avions vu les répétitions et Blanche était beaucoup plus stressée à ce moment-là…", commente Jean-Louis Lahaye, à peine sorti du studio. "Franchement, quand il ne restait qu'un seul ticket, on a eu peur. De notre côté, on avait pronostiqué des choses, mais on a toujours tout faux", rit-il. "En revanche, on a de vrais spécialistes sur place, des passionnés, qui nous racontent les coulisses, les after party."

Autre raison de la fierté de Jean-Louis Lahaye : cette année, l'Eurovision est diffusé aux Etats-Unis et en Chine, "où la RTBF pourra promouvoir ses talents, ceux que l'on a vu grandir dans The Voice".

Rendez-vous est donc pris ce samedi 13 mai, pour la grande finale, en direct de Kiev, et sur la Une, évidemment.