Musique C’est dans les yeux de son public que Serge Lama s’est senti exister. C’est aussi le seul miroir où il s’est trouvé beau…

Un débutant : voilà comment, à 74 ans, se voit Serge Lama. Cinquante ans de chanson(s), de scène; un demi-siècle à arpenter les planches et pourtant, le trac, toujours. À tel point que sur son album, Où sont passés nos rêves ?, qui vient de ressortir enrichi de cinq titres, il en est un qui s’intitule Je débute. Mieux : c’est aussi le nom qu’il a donné à sa nouvelle tournée, qui fera escale chez nous quatre soirs. "Depuis toujours, j’ai l’impression de débuter", dit-il, un sourire dans la voix. "On pourrait penser que maintenant, je suis rodé à tout. Évidemment, il y a certaines choses que l’expérience vous apprend à gérer un peu mieux, mais le trac, certainement pas. Donc, c’est vrai que je débute tous les soirs, et surtout quand on commence une nouvelle tournée, qu’on repart sur la route. C’est une nouvelle bataille; il y a des nouvelles chansons à imposer; le public n’aime pas les nouvelles chansons, mais nous si : on les a faites, on est content et on veut les faire écouter. Alors on est obligés d’en mettre un peu, quand même, ne serait-ce que pour se faire plaisir et, on l’espère, pour faire plaisir au public."

En dépit des moments très difficiles que vous avez traversés à la fin de l’année dernière (il a perdu sa femme, morte d’un AVC, NdlR), ça a été quand même comme une évidence de venir le présenter sur scène ?

"La partie était engagée au moment des événements. Je ne pouvais plus reculer, c’était très difficile. Peut-être que j’aurais reculé, si j’avais pu, je ne sais pas. Comme les choses étaient lancées, je ne pouvais guère dire " Je ne fais pas la tournée" . Les albums sont liés aux tournées, vous savez comment est le métier…"