Musique

Bien que le quatuor de rock irlandais soit venu défendre un nouvel album en formule acoustique, la bande à Dolores O’Riordan -interprète du légendaire Zombie- a tout de même pris un sérieux coup de vieux.

« Ces quatre musiciens sont Belges! », se réjouit d’emblée la chanteuse du groupe, après une ouverture sur Analyse suivi d’Animal Instinct, en désignant les artistes à cordes sur scène. Il est vrai que dans chaque ville où performent The Cranberries (comme dimanche au Luxembourg et quelques jours avant à l’Olympia de Paris), la formation irlandaise prend le risque de jouer avec des musiciens locaux. Pour une performance acoustique unique voire inédite mais inégale.

Du haut de ses 45 ans, Dolores O’Riordan semblait en effet expédier ses tubes (Ode to My Family, Linger, When You’re Gone) sans trop communiquer avec son public. Avec son survêtement aussi blanc que son maquillage et une jupe aussi noire que ses bas ou bottes, la chanteuse arpentait la scène bruxelloise telle une zombie au déhanché saccadé. « Elle a beau avoir vieilli, elle n’a rien perdu de son charisme! », entend-on dans une foule visiblement ravie de retrouver ceux qui ont fait les beaux jours de cette scène rock indie des nineties. Car, pour rappel, Noel Hogan (à la guitare), Mike Hogan (à la basse) et Fergal Lawler (à la batterie) s’étaient séparés début du nouveau millénaire pour se reformer il y a environ 6 ans.

Du jus d’airelles sous les aisselles

Au delà d’un concert assis -si ce n’est sur les envolées de Salvation, I Can’t Be With You ou Dreams qui ont eu le mérite de réveiller un Cirque Royal bondé mais quelque peu engourdi-, le concert d’hier soir s’est résumé à une longue (ou courte, c’est selon) ballade d’1h20 top chrono. « L’attitude du groupe était un peu froide, cela manquait de sourires, déplore un fan juste après le rappel du groupe sur leurs nouvelles ballades qui oscillent entre joie et dépression. J’ai vraiment eu l’impression qu’ils étaient juste venu faire leur job, sans plus. J’en ai même vu qui dormaient dans la salle… »

D’autres, par contre, se réjouissaient d’un cahier des charges plus fourni via cet album (Something Else) qui fait la part belle à leurs classiques mais sur une note symphonique. « C’est un peu la mode des groupes d’aujourd’hui cette réorchestration, souligne Mireille. Mais leurs chansons de village qu’on gueulent encore aujourd’hui en soirée sont indémodables! Un vrai bonheur.»

Bref, les mythiques The Cranberries manquaient sans doute un peu de jus (de cranberries, justement) sous les aisselles pour se rappeler à nos bons souvenirs de cette juteuse époque des rebelles de la ritournelle. Ou alors, c’était… Just my imagination!