Musique À une semaine de son concert à Werchter, le groupe de Damon Albarn dévoile The Now Now, son 6e album. Sortie ce vendredi

Il est comme ça, Damon Albarn, imprévisible. Le chanteur de Blur collectionne les projets et parmi ceux-ci Gorillaz, mené avec Jamie Hewlett, est probablement le plus en vue. S’il a fallu six années avant qu’il donne une suite à The Fall sorti en 2011, le successeur d’Humanz paru l’an dernier s’est nettement moins fait attendre. En effet, c’est ce vendredi que sort The Now Now, sixième album studio du groupe (pour sept compilations et autres disques de remixes !).

Depuis des semaines les signes se multipliaient et les fans savaient à quoi s’attendre. Plusieurs extraits avaient été dévoilés et un live diffusé sur YouTube depuis Tokyo avait permis aux internautes de découvrir dès ce week-end les autres titres de l’album. De quoi donner l’eau à la bouche de ceux qui ont leur ticket en poche pour voir Damon Abarn et ses acolytes virtuels sur la scène de Rock Werchter le jeudi 5 juillet prochain.

Pop au lieu de hip-hop

Que penser de cette nouvelle livraison signée 2D, Murdoc Niccals, Noodle et Russel Hobbs, les quatre personnages incarnant virtuellement le groupe ? Qu’il y a de la rupture dans l’air. À la fois sur le plan musical et sur la manière de faire. Au diable l’interminable liste d’invités qui garnissait copieusement le livret des albums précédents, Humanz en particulier. Vingt featurings pour 26 titres pour ce dernier ! Cette fois-ci, la sobriété est de mise. Snoop Dogg et Jamie Principale sont présents sur la chanson Hollywood. Et George Benson, légende du jazz, a posé sa guitare sur un titre des chansons. On s’en tient là, mais c’est du tout haut de gamme.

Musicalement aussi, il y a du changement. Le hip-hop, marque de fabrique des albums du groupe, très présent sur Humanz (excessivement ?), a cédé la place à une pop aux accents électro-funk. Pas totalement, mais la couleur des onze chansons s’en démarque nettement, de quoi combler les fans de la première heure, ceux qui, à l’aube des années 2000, avaient succombé à Clint Eastwood et aux autres pépites du genre.

Un petit bijou

Il en résulte une ambiance moins agressive que sur l’essai précédent. Et des mélodies mises en valeur. C’est déjà ce que laissait entrevoir voici quelques jours le premier extrait de l’album, Humility. Une humeur badine que confirment d’autres plages comme Kansas que n’auraient pas renié les Beatles, Magic City, Souk Eye ou les inclassables Fire Flies et One Percent. Sans oublier la ballade Idaho déjà interprétée sur scène.

D’autres pistes sont taillées pour les dancefloor et font un bien fou. Impossible de ne pas battre la mesure du pied à leur écoute. Lake Zurich et Tranz sont de cet acabit. On y ajoute volontiers Sorcererz.

Ce sixième album de Gorillaz est un petit bijou avec lequel Damon Albarn sait encore une fois nous surprendre et confirme son statut de maître de la pop.


En concert sur la scène de Rock Werchter le jeudi 5 juillet et ce n’est pas complet. Tickets : www.rockwerchter.be