Musique Thierry Luthers va continuer à rendre hommage à Johnny sur scène.

Toute la musique qu’il aime, Thierry Luthers, elle vient de Johnny. Et donc forcément aussi du blues. Une passion qui accompagne le journaliste sportif de la RTBF depuis toujours.

"On m’a raconté qu’à ma toute première amoureuse, quand j’étais petit, j’avais chanté Que je t’aime . Par contre, je me souviens bien que je le chantais chez les scouts. Même si ma passion a vraiment débuté le 9 décembre 1976. Il se produisait au Country Hall du Sart-Tilman. Un vrai coup de foudre. Je me suis juré d’aller le voir sur scène chaque fois qu’il viendrait en Belgique. J’ai tenu parole. Et assisté à une trentaine de ses concerts. La dernière fois, c’était pour Les vieilles canailles. Cela faisait un peu tournée d’adieux. On sentait que le public, qui l’a ovationné, était là avant tout pour lui. C’était magnifique. La scène agissait comme une thérapie. Après quelques minutes, la magie opérait à nouveau. Même si, ce jour-là, je me suis dit que je le ne verrais plus jamais."

Vous l’avez déjà interviewé ?

"Non. Je l’ai rencontré une fois par hasard, à La Rochelle, au moment des Francofolies, en 1992 ou 1993. Mais il était avec son cercle d’amis et je n’ai pas osé lui parler. Lui dire que je l’aimais, cela n’avait pas d’intérêt. Il ne faut pas parler aux légendes… Mais je n’ai pas de regret. Le lendemain, je l’ai croisé dans les coulisses. Il était impressionnant : très grand, costaud, avec un regard bleu magnétique et une démarche de félin. L’expression ‘bête de scène’ a certainement été créée pour lui."

Vous allez continuer à lui rendre hommage sur scène ?

"Le 17 décembre à 16 h, je le ferai au Théâtre de Poche de Charleroi. C’était prévu de longue date. Je raconte sa vie en musique. La mort fait partie de la vie et la sienne fut romanesque, comme un feuilleton, avec des épisodes incroyables où on l’avait presque enterré et des renaissances."

Ce sera un concert spécial ?

"Je n’ai pas encore assez de recul pour ça. J’y réfléchis. Je reçois des dizaines de messages de sympathie, comme si j’avais perdu quelqu’un de ma famille. Ce qui n’est pas tout à fait faux. Johnny, c’était le patriarche. Il semblait immortel. J’ai toujours vécu avec Johnny. Ses chansons marquaient le calendrier de ma vie. Il va laisser un vide immense."