Musique Le chanteur a été jugé coupable d’actes obscènes sur deux Vietnamiennes de 11 et 12 ans

BA RIA Le chanteur britannique Gary Glitter, qui était il y a 30 ans au sommet de la gloire pour ses chansons et costumes, a touché le fond de la disgrâce vendredi avec sa condamnation au Vietnam à trois ans de prison ferme pour abus sexuels sur mineurs.

Le chanteur a été jugé coupable d’actes obscènes sur deux Vietnamiennes de 11 et 12 ans par la cour populaire provinciale de Ba Ria-Vung Tau, dans le sud du pays. Au terme de sa peine, l’ex-star du rock glamour, premier étranger condamné pour un crime sexuel au Vietnam depuis 1975, sera expulsé.

«L’accusé a plusieurs fois adopté des comportements mal intentionnés et révoltants à l’égard d’enfants, provoquant la désapprobation et la condamnation de la population », a indiqué le président de la cour, Hoang Thanh Tung. «Bien que Glitter n’ait pas admis ses crimes, les (enquêteurs) ont recueilli suffisamment de preuves », a-t-il ajouté à la lecture du jugement. Lors d’une conférence de presse, le juge qualifiera même l’accusé de «malade » et «d’anormal » après avoir énuméré les attouchements, pratiques buccales et autres perversités auquel s’est livré Glitter avec les enfants.

Trois autres prostituées vietnamiennes rencontrées au Cambodge en 2003 et 2004 ont aidé l’ex star à se procurer les filles contre des sommes d’argent, selon l’accusation. Jusqu’à 2.300 photos et dessins pornographiques, ainsi qu’une trentaine de vidéos pédophiles, ont aussi été trouvées sur son ordinateur.

Officiellement faute de preuves, le parquet avait renoncé à le poursuivre pour acte sexuel sur mineur de moins de 13 ans, un crime apparenté au Vietnam au viol d’enfant et passible de la peine de mort. Son avocat, Me Le Thanh Kinh, a ensuite tenté en vain de le convaincre de plaider coupable.

Venu devant ses juges le crâne rasé avec une queue de cheval grise vendredi, le Britannique a violemment protesté. «Je suis innocent. C’est une conspiration de qui vous savez », a-t-il hurlé, en accusant «un grand journal de Grande-Bretagne ». Le chanteur avait été dénoncé l’an passé par la presse britannique qui avait affirmé qu’il vivait à Vung Tau avec une jeune fille.

«Ce n’était pas un procès équitable », a-t-il encore déclaré. Il dispose désormais de 15 jours pour faire appel. Selon la loi vietnamienne, il pourra prétendre à une libération conditionnelle après avoir purgé un tiers de sa peine, et pourrait donc en théorie être expulsé avant noël.

Le chanteur, connu pour ses costumes argentés et ses extravagantes perruques, avait atteint l’apogée de sa carrière au début des années 70, notamment avec son titre «I’m The Leader Of The Gang (I Am) ».
A l’époque, Glitter - un nom d’emprunt qui signifie «paillettes » - était une des stars du «glam rock », une mouvance pop caractérisée par des habits de scènes excentriques à sequins, des «platform boots » à la semelle démesurée et des maquillages outranciers. Il a vendu plus de 20 millions de disques.

Il avait été arrêté en 1997 en Grande-Bretagne après la découverte par un technicien, dans le disque dur de son ordinateur, de photos pédophiles puis condamné à quatre mois de prison.

Il aurait ensuite fui les lumières des médias à Cuba avant de gagner le Cambodge, où il a connu des déboires multiples bien que rien n’ait jamais été formellement prouvé contre lui dans le royaume. Vendredi, l’ambassade du Royaume-Uni à Hanoï n’a pas commenté le verdict mais a rappelé sa détermination face au tourisme sexuel.

«Les ressortissants britanniques qui voyagent à l’étranger avec l’intention explicite d’abuser des enfants vont rester dans le collimateur des lois du Royaume-Uni », a-t-elle indiqué dans un communiqué.