Musique Le collectif londonien Big Brovaz sur les traces des Fugees...

BRUXELLES Une idée pour les candidats de la Star Academy belge déjà disparus dans les oubliettes de l'histoire audiovisuelle? Le collectif londonien Big Brovaz, qui cartonne actuellement avec son single très Fugees Nu-flow, est formé de six jeunes artistes ayant participé à une compétition hip-hop voici cinq ans. Plutôt que de se chamailler à «qui chante le mieux» ou «qui est la plus belle pour aller danser», Cherise (19 ans), Dion (22), Nadia (21), Flawless (21), J-Rock (23) et Randy (22) ont décidé d'unir leurs talents et leurs goûts musicaux. Ils (et elles) ont eu raison...

Outre la plage titulaire Nu-flow, leur premier album abrite une collection de onze morceaux naviguant entre hip-hop à fortes influences west coast, musique soul mais aussi gospel ou R'n'B. Ce groupe mixte fait bien sûr songer aux Fugees et si l'on poursuit le jeu des comparaisons, on pourra aussi citer Spooks (souvenez-vous du tube Things I'v seen) ou encore Outkast.

«Si nous sommes ici tous ensemble, c'est en grande partie grâce à Skilzz, notre producteur,» reconnaissent J-Rock, la mignonne Nadia et Flawless. «Voici cinq ans, Skilzz a souhaité réaliser une compilation hip-hop rassemblant une trentaine de talents, la plupart issus de Londres ou des environs. On s'est retrouvés dans les studios pour enregistrer chacun notre morceau pour un double album qui s'appelait alors Big Brovaz - Watching you. Skilzz nous a ensuite recontactés pour qu'on monte un groupe ensemble. C'est un peu notre gourou artistique.»

Tous les membres du collectif sont chanteurs à la base. «Chacun d'entre nous a fait ses classes en chantant dans la rue avec des sound systems. A l'époque, nous étions trop jeunes pour pouvoir entrer dans les clubs. Aujourd'hui, la force du groupe réside dans la communion de toutes ces voix, de tous ces vécus. Nous n'avons pas les mêmes influences musicales. C'est la raison pour laquelle on rejette un peu l'étiquette groupe de rap que la presse musicale veut nous donner. C'est trop réducteur.»

Même si ces trois demoiselles et ces trois jeunes hommes revendiquent des origines modestes, la street credibility n'est pas vraiment leur leitmotiv. Ils savent ce qu'ils veulent et sont prêts à tous les sacrifices pour arriver au sommet. «On a joué dans les rues et nous n'avons pas envie d'y retourner. On aime sortir, on aime les bons restos, on aime les fringues et pour l'instant la musique nous permet de profiter de ces petits luxes. On a bossé dur pour y arriver. Le groupe s'est formé voici cinq ans. D'autres auraient sorti leur disque rapidement. Nous avons préféré prendre notre temps.»

Reste maintenant à Big Brovaz à prouver que son succès n'est pas qu'un simple feu de paille allumé pour de basses raisons commerciales. C'est le mal qu'on leur souhaite.

Big Brovaz, Nu-flow (Sony).

© La Dernière Heure 2003