Musique

À Bruxelles, Bono et les siens ont réservé un anniversaire d’exception à The Joshua Tree

Trente ans. Trente ans nous séparent de la sortie de The Joshua Tree, l’album qui a fait de U2 un phénomène planétaire. C’est dire si le rendez-vous que les Irlandais ont fixé à la Belgique pour célébrer l’événement est attendu par plus d’une génération.

Après l’ouverture de la soirée par un Noel Gallagher peu enthousiaste dont les trois reprises d’Oasis seront les faits d’arme. En particulier Don’t Look Back in Anger devenu un hymne depuis l’attentat au concert d’Ariana Grande. Place à une soirée d’anthologie pour les fans de U2. Les 30 printemps de The Joshua Tree ont été à la hauteur de l’événement qu’a été la sortie de cet album.

Il est 21h quand Larry Mullen Jr (le batteur) rejoint seul sa batterie sur la petite scène avancée au milieu du public et lance le premier l’intro de… Sunday Bloody Sunday. La messe est déjà dite en quelques secondes, ce soir U2 sera grand, très grand. Suivent A New Years Day et Bad. Bono joue avec le public, heureux d’être là, avec… “Bruxelles ma belle”. Sans artifices lumineux ou presque, effets spéciaux et écrans géants, on est plongé plus de 30 ans en arrière, avant le phénomène The Joshua Tree. Tous les tubes de l’époque sont au rendez-vous comme autant d’hymnes transgénérationnels. Impeccable !

21h20, second feu d’artifice. Sur la grande scène cette fois résonne l’intro du chef-d’œuvre Where the Streets Have No Name. Une version dantesque. Dans la foulée, le public de reprendre en chœur les paroles de I Still Haven’t Found What I’m Looking For joué à l’ancienne, comme en 1987. Suivent With Or Without You et, dans l’ordre des faces A et B (vinyle oblige à l’époque), tous les titres de l’album.

Soutenu par de magnifiques projections sur un écran XXXXXXL, U2 maîtrise son art comme jamais. L’électrique Bullet the Blue Sky déchire la nuit tombant sur Bruxelles. Suivent des versions superbes de One Tree Hill et de Mothers of the Dissapeared repris en chœur par tout le stade au moment où Bono, non sans émotion, rappellera que c’est en Belgique que toutes leurs productions ont débuté. “Made in Belgium”, lance-t-il, salué comme il se doit.

En guise de rappelle, après Miss Sarajevo rebaptisé Miss Syria et un énorme drapeau à l’image d’une Syrienne passant de main en main dans les tribunes, U2 enverra encore une poignée de fusées prouvant que l’après Joshua Tree, c’est aussi du lourd. Beautiful Day, Elevation et Vertigo jaillissent. On vient calmer le jeu, toujours aussi beau. Et, dernier cadeau, I Will Follow surgit de la nuit bruxelloise, sans effets de lumière.

La boucle est bouclée, U2 reste un grand groupe et The Joshua Tree un monument.