Musique Avec Lust for Life, l’inépuisable chanteuse américaine aux lèvres pulpeuses livre son 4e album en 5 ans.

Et de quatre pour Lana Del Rey. La New-Yorkaise est de retour avec un nouvel album intitulé Lust for Life deux ans seulement après la sortie de Honeymoon. Depuis les succès de ses titres Video Game et Blue Jean en 2011, elle a quasiment publié un disque par an, ce qui n’est pas habituel par les temps qui courent. On peut même écrire qu’elle fait preuve d’une productivité étonnante depuis ses débuts. On lui attribue en effet l’écriture et la composition de plus de 500 titres dont la très grande majorité n’a jamais été publiée sur disque mais a fuité sur Internet à la suite du vol de son ordinateur portable.

À la première écoute, on se dit que Lust for Life, c’est du Lana Del Rey pur jus et que la belle n’a pris aucun risque pour surprendre son public. Le titre du disque est trompeur - Lust for life signifiant soif de vivre, car c’est bien une nouvelle fois de la mélancolie qui se dégage des seize titres qui composent l’album. Le tempo est plutôt lent et à 32 ans, la voix de la New-Yorkaise est toujours aussi envoûtante et reconnaissable entre toutes. Tant mieux, c’est ce qu’on aime chez cette artiste. Mais à y regarder de plus prêt, on descelle aussi pas mal d’originalités, à commencer par de nombreuses collaborations. On en avait déjà pu en avoir un aperçu avec la sortie en single du titre Lust for Life en duo avec The Weeknd, mais ce n’est pas le seul featuring, loin s’en faut.

Si les deux titres réalisés en compagnie du rappeur A$AP Rocky ne sont pas les plus convaincants (Summer Bummer et Groupie Love), il en va tout autrement des collaborations avec Sean Ono, le fils de John Lennon et Yoko Ono, sur le très complice Tomorrow Never Came et Stevie Nicks, la voix légendaire de Fleetwood Mac, dont le timbre de voix vient parfaitement compléter celui de la maîtresse de maison sur Beautiful People, Beautiful Problems. On se prend du coup à rêver d’un album plus rock de Lana Del Rey et on regrette que le projet initié en début d’année avec Miles Kane, membre de Last Shadow Puppets, n’ait pas vu le jour.

L’autre surprise qu’apporte Lust for Life se trouve dans le propos de Lana Del Rey. Jusqu’à présent, la chanteuse s’est toujours attachée à parler d’elle et en particulier de sa vie sentimentale tumultueuse. Un sujet de prédilection largement présent dans 4e album sous son nom actuel mais à côté duquel on découvre une Lana Del Rey plus engagée. Bien sûr, elle ne se dresse pas en porte-drapeau de la contestation anti-Donald Trump mais un titre comme God Bless America - And All Beautifull Women In It, qui se traduit par "Dieu bénisse l’Amérique et toutes les magnifiques femmes qui s’y trouvent", ne laisse aucun doute sur l’identité de la personne visée.

L’arrivée de Trump à la Maison Blanche n’a pas laissé Lana Del Rey indifférente. Dans plusieurs interviews, elle a d’ailleurs annoncé qu’elle ne fera plus usage des nombreux visuels la mettant en scène avec le drapeau américain, elle qui depuis ses débuts a toujours véhiculé une image romantique de l’Amérique. Renierait-elle la bannière étoilée ? Non répond la New-Yorkaise qui reste patriote (en atteste les nombreuses références aux États-Unis présentent sur son disque) et garde espoir, convaincue que l’histoire se terminera bien. Des happy endings qui se retrouvent aussi dans les autres titres du disque. Surprenant pour une artiste au spleen si marqué…