Musique

Avec son concert rap toujours aussi gangsta, Curtis James Jackson III a touché son public belge.

Casquette rouge visée sur le crâne, sourire peps aux dents, chaine et bracelet en or, 50 Cent débarque -avec 15 minutes de retard mais sous les acclamations d’un public venu en nombre- sur la scène des fêtes de Lokeren. Pour ses 40 ans, les Lokerse Feesten n’auront jamais autant fait parler d’elles que cette année. La faute sans doute à l’une des meilleurs affiches de la saison des festivals (Fatboy Slim, Hooverphonic, Triggerfinger, Neil Young & Crazy Horse, Girls in Hawaii, Patti Smith, Blink 182, etc.) et avec, pour apothéose ce week-end, Sean Paul dimanche, les Pet Shop Boys ce samedi et 50 Cent vendredi. « Normalement pour toi, c’est 50 euros mais là, c’est 50 Cent! » affichait ironiquement une fan sur un calicot au milieu de la foule. Ce qui a eu dont de faire sourire le rappeur. Curtis James Jackson III, de son vrai nom, semblait d’ailleurs s’amuser comme un gosse sur la main stage, remerciant sans cesse son public et déconnant avec ses camarades dans une bataille de bouteilles d’eau.

Au pays de Candy (Shop), 50 Cent ne vaut pas un dollar

Arrivé du Danemark la veille, le chanteur new-yorkais semblait ravi d’être en Belgique, où il a pu visiter la ville de Gand et déjeuner… à la Veuve Clicquot, pouvait-on lire sur le compte Twitter de ses musicos. Lesquels ressemblent à une véritable armada de « Black Power » sur scène et qui, entre les titres phares du rappeur (In da Club, Candy Shop, Ayo Technology, et on en passe), assénait leurs gestes rap comme le bras droit levé ou encore l’indémodable loque anti-transpiration. Les mauvaises langues le traite de rappeur « has been » mais ses textes et rythmes -qui décryptent soigneusement les problèmes philosophiques de notre jeunesse- semblent toujours de taille pour rivaliser avec les beats lourds et autres concours de slam. L’américain de 39 ans a d’ailleurs l’intention de sortir en 2014 deux nouveaux disques, Animal Ambition et Street King Immortal. Bref, pour son passage dans le plat pays, le rappeur le plus controversé de sa génération -car jugé trop commercial par le monde du hip hop avec ses rimes trop faciles- ne sera pas passé inaperçu. Même si le kid du Queens aura finalement tout juste rempli son cahier des charges, à savoir une heure de concert rap édulcoré. C’était du 50 Cent et pas un cent de plus!