Musique

L'histoire de ce mouvement né près de Paris en 2000

BRUXELLES Le Metropolis, à Rungis, près de Paris. Cette discothèque est le sanctuaire de tous les amateurs de Tecktonik. En 2000, on y organise les premières soirées entièrement dédiées à cette danse, ce style. Cyril Blanc et Alexandre Barouzdin, directeurs artistiques de la boîte, montent les Tecktonik Killer, des événements faits de battles entre spécialistes de la discipline et qui vont vite faire connaître le nouveau style dans le milieu underground.

Musicalement, il s'agit de promouvoir deux courants, l'electro harstyle et jumpstyle, lesquels ont été créés par des DJ belges et hollandais, notamment. Aujourd'hui d'ailleurs, l'un des chefs de file de l'electro reste DJ Furax, un Belge.

La danse, elle, émane de plusieurs sources. On y retrouve des éléments de milky way, de couper-décaler, glowstiking, hip-hop, de locking, de popping, de downrock. La gestuelle est également tirée des clips phares de la New wave (Tears for Fears) ainsi que du voguing, rendu populaire par Madonna dans son clip Vogue.

Toujours est-il que si le mouvement Tecktonik - une danse, une musique, un look, une marque... - semblait se contenter jusqu'à présent de son statut de phénomène underground, il n'a pas craché sur la déferlante apparue l'an dernier. Dès le printemps, places publiques et espaces commerciaux de Paris, Marseille ou Lille sont pris d'assaut par ces danseurs désarticulés et au look flashy. Certains rassemblements peuvent rameuter plusieurs centaines de personnes. Les prestations sont filmées et ensuite postées sur des blogs et des sites d'échanges (Youtube, Dailymotion).

Rapidement, le grand public découvre le phénomène. Les médias s'en emparent. La Star Academy consacre un prime à la Tecktonik. Lorie s'exhibe aux côtés de Tecktoners dans le clip Je vais vite de même que la chanteuse Yelle (À cause des garçons). Chez nous, l'accueil est plus réservé. Mais la sauce commence à prendre...

Dernière info, le terme Tecktonik provient bien de la tectonique des plaques, "ces plaques qui s'entrechoquent entre les sons du nord et les sons du sud", comme le dit Cyril Blanc.



© La Dernière Heure 2008