Musique

Les enfoirés décrochent la lune, sous le regard rieur de Coluche

PARIS L'album est sorti il y a à peine une semaine et, déjà, il a pris d'assaut Ultratop et autres hit-parades. Il faut avouer que, comme chaque année, le spectacle des Enfoirés, diffusé sur TF 1, a largement contribué à donner envie aux fans de variété et défenseurs des bonnes causes de se ruer chez leur disquaire. Réunies sur deux CD, les prestations de ce que la chanson française compte de stars sont réparties en deux catégories: les duos, trios (et souvent plus car affinités) sur le premier disque, les medleys sur le second. Et ce n'est pas tout. Vendu au profit des Restos du Coeur (lire ci-dessous), Les enfoirés dans l'espace, c'est aussi un double DVD sur lesquels on trouve l'intégralité du spectacle (soit plus que ce qu'on a pu voir à la TV) mais également une série de bonus qui offre d'entrer dans l'intimité et les coulisses de ce spectacle 2003, une fois encore créatif et épatant.

Tout commence avec La galaxie des enfoirés, où l'on retrouve Goldman, Zazie, MC Solaar, Lorie et Jugnot à bord de la fameuse navette censée les amener à Toulouse. Le temps de quelques pitreries et c'est au grand air que l'on découvre les prises de vues des bandes annonces destinées au petit écran. Moulés dans leur combinaison de cosmonautes, Liane Foly, Patrick Fiori, Calogero et Bruel tournent et retournent une prise directement inspirée de L'étoffe des héros. «Elle est bonne, on la refait», lance le réalisateur. «C'est la phrase que l'on entend le plus souvent au cinéma», rétorque Bruel, hilare.

Quelques images de la mise en place du décor et des loges (rouge pour les garçons, mauve pour les filles) plus tard et voilà déjà les artistes qui font leur entrée. A quelques soirs du grand soir, ils prennent un plaisir évident à se retrouver et à répéter leurs chorégraphies. «Tout va bien, ça y est», commente Patrick Fiori. «Au départ, le mec de la sécurité voulait pas que je rentre, j'ai dû abuser de mon pouvoir. Je lui ai dit que je m'appelais Patrick Bruel!» Garou, lui, se souvient que le premier jour, il a mangé à toute vitesse, trop impatient qu'il était de découvrir le décor. Quant à Zazie, elle fait le décompte des qualités qu'il faut pour être un vrai enfoiré: «Il faut pouvoir se moquer de soi-même, avoir de la patience et, surtout, être largué dans l'espace.»

Avant d'aller jeter un oeil en coulisse, le jour du concert, on assiste encore à quelques fous rires (notamment ceux provoqués par Pierre Palmade chantant Je te survivrai) et quelques grimaces destinées à illustrer le clip Tous les cris les S.O.S fourni lui aussi en bonus. Puis c'est l'heure de la mise à feu, le stress des uns, les pas de danse des autres, les rires de Cabrel qui regarde ses potes sur un écran de contrôle et les larmes de Mimie Mathy, chamboulée par tant de ferveur et de complicité. C'est encore Goldman déguisé en sauterelle qui fait la conversation à Jean-Louis Aubert en coccinelle. Ce dernier ayant cette phrase magnifique: «La drogue, c'était un milieu très sain avant que le sport s'en mêle.» C'est lui qui le dit...

Les enfoirés dans l'espace, double DVD et double CD (BMG)

© La Dernière Heure 2004