Musique

Au lendemain de l'émouvant adieu des fans de Johnny Hallyday à leur idole, la dépouille du chanteur, accompagnée de ses proches, était en route dimanche pour l'île antillaise de Saint-Barthélemy, où il doit être inhumé lundi.

Le Boeing 757 transportant le cercueil et 62 passagers, dont sa femme Laeticia et leurs filles Joy et Jade, l'acteur Jean Reno, son manager Sébastien Farran et son guitariste Yarol Poupaud, a décollé peu après 10H00 de l'aéroport du Bourget.

Une dizaine de fans avaient fait le déplacement à l'aéroport. "Je voulais l'accompagner jusqu'au bout, parce qu'il s'est toujours donné à fond", a confié à l'AFP Fred Bouton, 54 ans, bien décidé à se "renseigner sur le prix des billets" pour Saint-Barth' afin de se recueillir sur sa tombe.

Après la ferveur populaire de centaines de milliers de personnes samedi à Paris, c'est dans l'intimité que doit avoir lieu l'enterrement, dans le cimetière marin de Lorient, sur la petite île des Antilles où la rock-star possédait une villa.

L'annonce de cette inhumation dans ce paradis huppé, à plusieurs milliers de kilomètres de la métropole, a surpris et parfois déçu ses fans.

"On comprend qu'il veuille être enterré là-bas (...) mais pour nous, son public, c'est dommage !", regrettait il y a quelques jours Sandrine Barras, fan de toujours.

Plus sévère, sur Facebook, le chanteur Michel Polnareff a jugé "étrange que l'on soustraie l'enveloppe de Johnny à son public". "Ca fait mal au bide...", commentait de son côté un fan sur le forum JohnnyHallydayLeWeb.

En tête des charts

La foule s'était rassemblée samedi à Paris, de la place de l'Etoile au parvis de la Madeleine, en criant des "Johnny ! Johnny !" au passage du cortège funéraire, accompagné de centaines de bikers portant un brassard noir.

La journée a été marquée par un concert de son groupe devant l'église, par la foule, un éloge funèbre prononcé par le président Macron et la présence d'une pléiade de stars et amis de Johnny, d'Eddy Mitchell à Line Renaud, en passant par Patrick Bruel, Marion Cotillard, Claude Lelouch ou Philippe Labro.

L'hommage de samedi était à la hauteur de ce géant de la culture populaire, mort mercredi à 74 ans d'un cancer des poumons. Le rockeur était incontournable avec plus de 100 millions de disques vendus en près de 60 ans de carrière.

L'album hommage de reprises "On a tous quelque chose de Johnny", avec Garou, Bruel ou Calogero, continue d'ailleurs de caracoler en tête des ventes, avec 134.000 exemplaires vendus en trois semaines, dont 64.400 cette dernière semaine, selon le site Purecharts.

Des millions de téléspectateurs

Des millions de téléspectateurs ont suivi samedi l'"hommage populaire" : TF1 a rassemblé près de 7 millions de téléspectateurs en moyenne et l'édition spéciale de France 2 en moyenne 4,4 millions.

Dommage collatéral, la 31e édition du Téléthon a vu les promesses de dons ralentir pendant l'hommage. Pour finir à 75,6 millions d'euros promis en faveur de la recherche sur les maladies rares, en baisse par rapport à 2016, dans un contexte général de baisse des dons en France.

Comme samedi à Lille, Toulouse et Strasbourg, une petite centaine de fans se sont rassemblés dimanche à Bordeaux, reprenant en coeur les chansons du rockeur, en cercle autour de deux Harley Davidson.

Une veillée est prévue dimanche soir à 20H00 à l'église Saint-Roch, la paroisse des artistes, à Paris.

A Saint-Barthélémy, les habitants qui le souhaitent sont invités à participer dimanche soir à une "veillée publique", a indiqué la collectivité. Le président du Conseil territorial Bruno Magras considère le choix de son île comme "un "honneur". "Il m'avait confié à plusieurs reprises qu'il voulait être enterré ici", a-t-il dit à l'AFP.

Nombre d'habitants avaient eu l'occasion de croiser Johnny et Laeticia depuis que le couple avait bâti sa villa sur les hauteurs du quartier de Marigot en 2008. Le chanteur y était encore l'été dernier.

"Je l'ai croisé à Saint-Barth'", racontait samedi Linda Isaac, originaire de l'île mais qui assistait à l'hommage populaire à Paris. "Je suis contente de me dire que je pourrais aller voir sa tombe quand j'irai voir ma famille".