Séries Paget Brewster ne pourrait jamais s’épanouir dans le job d’Emily Prentiss, son personnage dans Esprits Criminels.

Souriante et plutôt marrante, deux caractéristiques que l’on retiendra probablement de Paget Brewster lors du Festival de Télévision de Monte-Carlo, en juin dernier. Installée au fond d’une grande pièce, la sulfureuse Emily Prentiss d’Esprits Criminels livre, avec un naturel ravageur, les raisons qui l’ont poussé à accepter de jouer l’agent spécial du FBI sur le petit écran. Un rôle qui a propulsé l’actrice originaire du Massachusetts sur le devant de la scène, pratiquement dix ans après s’être fait connaître en interprétant la jolie Kathy dans la série Friends. "Lorsque je suis arrivée dans la deuxième saison d’Esprits Criminels, des consultants m’ont donné des manuels du FBI. Il y avait des études de cas, des histoires et des photos de crimes vraiment horribles. J’avoue qu’au début, ça m’a rendu un peu folle ! (rires) En me plongeant là-dedans, je suis complètement devenue parano. J’ai renforcé ma maison en insistant pour y mettre du double vitrage, des barreaux et des caméras de surveillance, nous explique Paget Brewster, persuadée d’être entourée de tueurs en série. Je pensais qu’il y en avait partout autour de moi ! (rires) Je détaillais les faits et gestes des gens, repérais les comportements étranges. J’avais tellement étudié le sujet que ça occupait une grande partie de mes pensées, au point d’en faire des cauchemars. C’était vraiment perturbant…"

Auriez-vous pu exercer le métier d’Emily Prentiss dans la vie réelle ?

"Jamais ! Bien que j’admire les gens qui travaillent au FBI. Ces histoires m’ont trop affectée négativement. Je ne peux pas vivre avec cette paranoïa au quotidien. Je veux croire en la bonté des hommes et des femmes. C’est la raison pour laquelle je ne pourrai jamais faire le travail de criminologues, profileurs ou policiers. C’est difficile de voir les profondeurs de l’horreur. J’ai donc mes petits trucs à moi pour me changer les idées une fois rentrée à la maison."

Ah bon, lesquels ?

"Ce qui me fait du bien, c’est de regarder des conneries à la télévision quand je rentre à la maison. Des émissions comme Bachelor , par exemple. En les regardant, j’ai l’impression d’être intelligente parce qu’ils sont tous jeunes et bêtes. (rires) J’aime aussi passer du temps avec mon mari (Steve Damstra, le meilleur ami de Matthew Gubler, NdlR) que je trouve très intéressant et dont je suis totalement folle ! (sourire) De temps en temps, je me change aussi les idées en cuisinant. Chacun son truc !"

Avant de vous lancer dans la comédie, vous vous destiniez plutôt à une carrière dans l’art…

"Plus jeune, j’étais entrée dans une magnifique école d’art à New York, la Parsons School of Design. J’avais une vie particulière à ce moment-là. J’étais serveuse dans des clubs où je chantais les week-ends. Puis, je me suis tournée vers la comédie, chose à laquelle mes parents, qui sont enseignants, n’auraient jamais pensé. Aujourd’hui, je garde encore cet attachement à l’art et à la mode. J’achète, par exemple, beaucoup de choses vintages sur eBay. Et, en ce qui concerne mes tenues, j’ai toujours peur qu’elles ne soient pas à la hauteur. Je ne veux donc pas payer de styliste. Je garde mon argent pour d’autres choses plus intéressantes."

Après plusieurs saisons d’absence, vous faites votre grand retour lors de la saison 12. Qu’est ce qui vous a motivé à revenir dans la série ?

"Le tournage d’une série, c’est un peu comme une famille. On se connaît tous et on lutte ensemble tous les jours pour arriver au résultat espéré. Je suis très contente d’être revenue dans Esprits Criminels . Je suis fière d’y incarner Emily Prentiss, une femme aussi forte et qui sait se faire respecter. Il y a quatre ans, j’ai pris le large pour jouer dans des comédies. Les fans que je croisais dans la rue ou les supermarchés espéraient tous un retour d’Emily Prentiss dans la série. Quand on m’a proposé de revenir, je pensais juste faire quelques apparitions dans une saison ou l’autre. Puis, Thomas Gibson est parti, on m’a donc demandé de signer à temps complet. Je suis à la fois triste qu’il soit parti et heureuse d’être revenue. Shemar Moore me manque beaucoup aussi."


"J’ai vraiment dû me battre pour obtenir une augmentation de salaire"

Il y a quelques mois, les dents grinçaient dans l’équipe d’Esprits Criminels. A.J. Cook et Kirsten Vangsness, deux actrices emblématiques de la série, menaçaient de claquer la porte des studios si leurs salaires n’atteignaient pas celui perçu par les acteurs phares de la série. Ces dernières gagneraient, en effet, la moitié du salaire de Matthew Grey Gubler, Thomas Gibson et Shemar Moore. "Est-ce que je vais revenir si je ne suis pas payée plus… J’ai envie de dire que c’est la dure loi du travail. C’est si triste et difficile mais c’est comme ça… Je devrais trouver un autre job", expliquait Kirsten Vangsness aux journalistes de TMZ.

Les deux comédiennes ont finalement été entendues. Après des mois de négociations, elles obtiennent finalement gain de cause. Une lutte qui n’aurait pas été possible sans le soutien de Paget Brewster qui a, elle aussi, dû "se battre pour obtenir une augmentation de salaire" : "Je suis tellement fière d’elles. Au départ, vous signez un contrat de sept ans pendant lesquels il n’y a pas d’augmentation. Et, après, il faut apprendre à négocier. C’est ce que j’ai fait avant de revenir et j’ai vraiment incité A.J. et Kirsten à négocier aussi, même si c’est terrifiant quand on n’a pas l’habitude. C’est le boulot des producteurs de dire non à une augmentation, c’est le nôtre de ne rien lâcher. Il faut être prête à partir si on n’obtient pas gain de cause. C’est comme ça que les hommes obtiennent des augmentations, eux ! Et, il n’y a pas de raisons pour que les actrices soient moins bien payées qu’eux. Ce n’est pas ce que nous désirons, juste ce que nous méritons", explique l’actrice de 48 ans à nos confrères du Parisien.

Celle qui incarne Emily Prentiss sur le petit écran est d’ailleurs persuadée que c’est en se serrant les coudes que les femmes obtiendront le respect qu’elles méritent. "Nous ne sommes pas un cas isolé, le business marche partout pareil. Votre jeunesse, votre beauté, le mec avec qui vous sortez, tout est scruté, comparé. En incitant les femmes à être en rivalité, on les écrase. Parce que les meilleurs salaires, l’augmentation du nombre de réalisatrices, c’est ce qui arrive quand les femmes sont solidaires. C’est en serrant les coudes qu’on obtient un travail de qualité et le respect, tout simplement."