Télévision

Clap 2.000 pour le jeu fétiche de RTL-TVi. Vous pensez tout savoir à son propos ? Pas si vite…

BRUXELLES 2.000 émissions ! Voilà une longévité, pour un jeu quotidien, qui commence à devenir bigrement remarquable. D’autant plus que, depuis sa propulsion sur antenne, le format, produit par Keynews et confié à Jean-Michel Zecca, a toujours fait flèche de tout bois.

Si vous faites partie des plus de 320.000 personnes qui suivent chaque jour la rampe de lancement du JT de 19 h 30, vous êtes en droit de penser qu’à propos du quiz, en gros, on ne vous la fait pas . Allez, on tente quand même le coup…

71 ? Pourquoi ce nom-là et pas un autre ? Jean-Michel Zecca et Boris Portnoy, producteur : “Il nous fallait un nom qui ne puisse être utilisé en France. On cherchait, donc. Puis, au volant de sa voiture, le directeur des programmes de l’époque suivait un bus d’une ligne très connue à Bruxelles, la ligne… 71. Tout simplement !”

Blik ? L’origine de ce terme, ancré désormais dans l’ADN de l’émission, n’est pas moins cocasse. “Joker, ça n’allait pas” , sourit le producteur. “Beaucoup trop banal. On était donc partis sur Schmilblick, qu’on aimait plutôt bien, mais qu’on ne pouvait pas, non plus, utiliser comme tel. Je me souviens qu’à l’époque on tournait à Vilvorde. En me rendant au kiosque à journaux, je vois, sur l’étal, un canard intitulé : Le Blik. Je ne comprenais pas ce que ça voulait dire, mais j’ai trouvé ça génial. J’en ai parlé à Jean-Michel, ça convenait à ses oreilles aussi, même s’il ignorait également ce que ça voulait dire. En fait, Blik, ça veut dire Joker… Le comble ? Dans la version flamande, Koen Wauters disait… joker !”

Import-Export. Saviez-vous que le 71 fut adapté, un temps, en France ? Il fut, linguistique oblige, rebaptisé Un contre tous , c’était sur France 3, en 2005, et c’était Vincent Perrot qui jouait les Zecca hexagonaux. Sans grand succès. “D’accord, mais c’est à pondérer, nuance Boris Portnoy. Nos amis français avaient besoin d’un format, à 14 h, durant l’été. Même si ce ne fut pas le carton absolu, je rappelle tout de même qu’on a doublé la case ! À mon idée, il y a eu un problème majeur : les Français ont trop tiré l’émission en longueur. 45 minutes, c’était trop. On nous a dit : ce sera une émission pour personnes âgées, il faut que l’animateur parle beaucoup et lentement. Résultat ? Mon père, qui a 78 ans, trouvait l’adaptation française juste… chiante ! Ils ont modifié le format original en l’adaptant à ce qui, selon eux, convenait le mieux. Je pense que c’était une erreur.” Pour rappel, si le Septante et Un est l’un des plus grands succès de la télévision belge sur le format, si spécifique, du jeu quotidien, il n’est pas issu de cerveaux noir-jaune-rouge : il s’agit d’une adaptation du jeu Beat the Crowd, né aux USA, à une époque où la mode des animateurs méchants (Boccolini et consorts) fait rage.

Et en Flandre ? Plus près de chez nous encore, le jeu trouva un écho en… Flandre. Un transfert communautaire mais dans l’autre sens, quoi. “Ça s’appelait tout simplement Een en zeventig , c’était diffusé sur VTM et présenté par Koen Wauters. On a tenu la période qui était prévue. La commande était de cinq mois. C’était beaucoup plus proche de notre version que celle des Français, même si c’était plus bavard et que la culture du jeu en Flandre est totalement différente…”

+/- 30.000 questions. C’est le nombre de questions préparées par la même équipe, depuis le départ. 20.000 ont été utilisées, le reste fait office de “réserve” .

Spéciales ? Depuis un an et deux mois, 71 casse sa routine avec des émissions spéciales. Quatorze ont déjà été tournées. Blondes, maillots de bain, supporters, pompiers, joueurs de foot américain, grands-mères,… “Notre critère, c’est d’obtenir quelque chose de frais et de visuel”, glisse le réalisateur.

5 millions d’euros. C’est la somme qui a été offerte aux candidats depuis le lancement du jeu.

594.000 spectateurs. C’est le record d’audience de l’émission. C’était le 9 novembre 2009, et 44,1 % des téléspectateurs devant leur écran zieutaient Septante et Un . Un Dîner presque parfait , alors en plein boom, a fait beaucoup de bien. En moyenne, l’émission convainc 325.000 personnes par jour. Le plus bas score ? Pas moins de 220.000 téléspectateurs, au baptême estival de l’émission, qui fut, deux semaines durant, diffusée à 18 h 15.



© La Dernière Heure 2011