Télévision En novembre dernier, l’animateur avait mis en garde les auditeurs de VivaCité concernant la présence de "gitans".

"Alors, je vous signale quand même qu’on note la présence de gitans qui rodent dans les régions de Gerpinnes, Nalinnes, Loverval, Somzée et les environs. Ils se déplacent dans une camionnette grise et aussi dans une Mercedes bleu foncé avec des plaques françaises. Voilà, alors faites attention, on sait jamais, fermez bien les portes. Si vous avez des trucs volables chez vous, prenez vos précautions." Voilà les propos qu’avait tenus Alain Simons, le 22 novembre dernier à 6 h 36, lors du point route de Charleroi Matin sur VivaCité. Des mots - réutilisés par l’animateur le même jour à 7 h 38, qui ont fait l’objet de plusieurs plaintes.

Dans un premier temps, la RTBF (dont dépend VivaCité) avait regretté et condamné ces propos. Alain Simons avait été suspendu de l’antenne pendant une semaine. Dès son retour à l’antenne, l’animateur avait fait ses excuses aux auditeurs. "Vous savez, j’ai été suspendu de l’antenne pour des propos maladroits tenus dans Charleroi Matin, ici même. Alors, je tiens encore une fois à m’excuser auprès de tous ceux que ces propos ont pu heurter, même si je n’avais nullement l’intention de stigmatiser une quelconque catégorie de gens", s’excuse-t-il.

Plusieurs plaintes (d’auditeurs et du service public indépendant de lutte contre la discrimination et de promotion de l’égalité des chances) ont cependant été déposées par la suite. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a ouvert une instruction.

Décision rendue

Le Collège d’autorisation et de contrôle a finalement rendu sa décision et a condamné la RTBF - l’éditeur est responsable, pas l’animateur - à la diffusion de ce communiqué, après les journaux parlés de 6 h 30 et 7 h 30, du 19 au 25 juin prochains inclus : "la RTBF a été condamnée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour avoir diffusé, le 22 novembre 2016, à deux reprises dans le cadre de l’inforoute sur Vivacité Charleroi, des propos contenant des incitations à la discrimination. En effet, il s’agissait d’inviter le public à prendre ses précautions contre le vol en raison de la présence de gens du voyage dans la région. De tels propos s’analysent comme une incitation à adopter un comportement différencié et dès lors discriminatoire à l’égard de personnes identifiées par leur appartenance ethnique, et sont, de ce fait, illégaux." Le communiqué doit également "être affiché de manière ininterrompue sur la page d’accueil du site internet de VivaCité" pendant la même période.

La RTBF a toutefois précisé qu’Alain Simons avait reçu "la sanction la plus lourde (donc une semaine de suspension) avant la cessation de toute collaboration sans indemnité". En d’autres mots, une dernière chance est laissée à Alain Simons. La prochaine fois, ce sera la porte.