Télévision

À bientôt 80 ans, le temps ne semble pas avoir d’emprise sur Ridley Scott. Après avoir révolutionné la science-fiction ( Alien , Blade Runner), revitaminé le péplum (Gladiator) et redonné une seconde jeunesse aux films de croisades ( Kingdom of Heaven), le réalisateur britannique revient avec Alien Convenant.

Les effets spéciaux digitaux ont beaucoup fait évoluer l’aspect et la façon de bouger de ce monstre, explique-t-il. Ma façon de travailler également. Encore que… En 1979, j’avais embauché un type qui portait une sorte de combi en caoutchouc représentant l’Alien. Je n’avais pas le choix. C’était la seule méthode. Cela ne signifie pas pour autant que je me suis tourné les pouces. Il a fallu beaucoup travailler pour que cette chose soit crédible. Vous savez, à de rares exceptions près, les monstresau cinéma sont rarement convaincants. Cela dit, il faut se méfier du digital à tout va. Le risque c’est que le spectateur aperçoive les ficelles.”

Pourquoi aimons-nous avoir si peur ?

“C’est très difficile de faire peur. Si les plans sont mal réalisés et mal montés, si la musique n’intervient pas au bon moment pour créer le suspense, si les silences ne sont pas bien calibrés, votre thriller horrifique peut très rapidement devenir une plaisanterie qui fera rire toute la salle ! Le secret, c’est le rythme, l’orchestration que vous allez donner à votre film ! Je pense que si nous aimons nous faire peur, c’est probablement parce que nous voulons prendre conscience que nous sommes mieux lotis que les héros qui se font bouffer dans l’espace (rires) . Si les gens viennent voir Alien au cinéma, ce n’est pas pour que je conte une amourette dans l’espace ! C’est pour qu’ils sautent d’effroi dans leur fauteuil !”

Vous pensez que les technologies inventées pourraient donner des idées aux scientifiques ?

"C’est amusant car la NASA justement adore voir des films de science-fiction. Parce que cela lui donne parfois une idée à creuser, à explorer ! Les ingénieurs ont été très impressionnés par notre vaisseau spatial avec des voiles solaires dorées qui se déploient autour de l’engin ! L’espace fournit en effet une quantité phénoménale d’énergie et on aurait tort de s’en priver car cette manne est illimitée et gratuite !

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