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La Chambre a été le théâtre jeudi d'une passe d'armes entre l'actuel premier ministre et son prédécesseur sur l'évolution des libertés fondamentales en Belgique après la brève arrestation mercredi de cinq journalistes de la RTBF.

Ces derniers couvraient une manifestation d'opposants à la construction d'unités spéciales pour les familles avec enfants dans le centre de détention pour étrangers 127bis à Steenokkerzeel. Lors d'une rare intervention au parlement, le président du PS Elio Di Rupo (PS) s'en est pris à Charles Michel, coupable à ses yeux, de diriger un gouvernement qui abîme l'image de la Belgique en matière de respect des droits humains. 

"La Belgique était un modèle en matière de droits de l'homme et de respect des libertés, dont la liberté de la presse. Elle est devenue progressivement un pays où les transgressions sont désormais possibles et, je crains, couvertes par vous", lui a-t-il lancé, égrenant des atteintes récentes aux droits humains et s'appuyant plus spécifiquement sur la fédération européenne des journalistes.

Invoquant Reporters sans frontières (RSF), M. Michel a au contraire souligné que la liberté de la presse avait regagné des galons, la Belgique figurant au 7e rang du classement mondial après que la situation s'était dégradée, de la 20e à la 29e place sous le gouvernement Di Rupo. Charles Michel s'est dit "stupéfait" par "l'instrumentalisation" que certains tentent de faire au sujet de cette arrestation.

L'actuel chef du gouvernement a crié au "populisme", au "fake news", au "mensonge" alors qu'un membre du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (M. Michel visait le ministre des Médias Jean-Claude Marcourt) a tenté de faire croire que le gouvernement fédéral avait commandité l'arrestation des journalistes de la RTBF. Face au tumulte, M. Michel est sorti de ses gonds, poursuivant, hors micro, ses accusations de "populisme" et de "mensonge". Il a donné du "monsieur le député Elio Di Rupo" au président du PS, se disant "stupéfait" de son "manque de nuances" et de sa "partialité", lui qui a assumé de grandes responsabilités.

Evoquant un manque d'élégance, Elio Di Rupo a regretté que M. Michel ne réponde à ses questions qu'en renvoyant à un passé non assumé par le MR, lui-même présent au gouvernement fédéral depuis vingt ans. "Vous ne répondez pas, ce n'est pas faire honneur à votre fonction", a-t-il dit.

Sur le fond, M. Michel a indiqué qu'il n'y avait "pas l'ombre d'un doute que la liberté de la presse constituait un pilier fondamental de la démocratie". Il a également exprimé son "soutien au travail des policiers chargés du maintien de l'ordre et de la sécurité".