Télévision Des candidates de Miss Belgique ont vécu l’attentat de Zaventem, connu Geneviève Lhermitte ou apprennent à piloter des avions…

La musique de plage ! Mardi matin, sur le bord de la mer Rouge, à l’hôtel Baron Resort de Charm-el-Sheikh, les vacanciers n’en avaient pas que pour les oreilles : la moitié des filles de Miss Belgique, en petit bikini bleu, répétaient les premières chorégraphies.

Sur trente filles, une majorité a pratiqué la danse et l’exercice et cela ne pose aucun problème pour elles. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Pour arriver ici, Kimeberley Hallaert (appelez-la Kim, elle préfère), cheveux longs, bruns, 18 ans, de Manage, a été deuxième dauphine à Miss Hainaut. Lorsqu’elle en parle, elle explique qu’elle aurait sans doute eu un meilleur classement s’il n’y avait cette sacrée chorégraphie. Elle le raconte en riant : "Quand j’ai vu la vidéo, il y avait de quoi me moquer de moi-même. Donnez-moi un ballon de foot, une raquette de tennis, un cheval ou même un chameau, je m’en sortirais. Mais la chorégraphie, ça n’est pas moi…" Et le ballon de foot ? Là, elle rit plus encore : "Peut-être que je marquerais dans mon propre but…"

Didem Telebi, une fille d’origine turque, de Wezembeek-Oppem, qui est francophone mais qui a néanmoins été élue Miss Brabant flamand : "Aux répétitions, je suis celle qui prend du temps. Mais c’est l’occasion d’apprendre et c’est chouette."

Celles qui ne sont pas en répétition ou qui ne sont pas appelées par l’équipe de cameramen pour les images de plages qui seront diffusées lors de la finale du 13 janvier ont droit au soleil et à la piscine. Mais il y a aussi les interviews. Les journalistes sont là pour apprendre à les connaître. Et il y a des candidates vraiment étonnantes.

Angéline Flor Pua, couronnée Miss province d’Anvers, née en Belgique de mère et de père venus des Philippines, a 23 ans. Elle a une autre couronne : elle a représenté la Belgique à Miss Philippines d’Europe, en Autriche. Et elle a gagné !

Lorsqu’elle ne fait pas le concours Miss Belgique, cette fille est étudiante… pilote d’avions. En dernière année ! La seule fille de sa promotion.

Ses parents l’aident, mais pour financer des études extrêmement coûteuses, Angéline prend des jobs à gauche et à droite. Elle a travaillé dans un bureau. Elle a été serveuse dans l’Horeca et aussi employée à l’aéroport de Zaventem. Elle était là lors de l’attentat meurtrier du 22 mars. "Je n’ai pas vu l’explosion. Mais tout d’un coup, les gens sont arrivés en panique. J’étais occupée à scanner les billets à côté d’un portique de sécurité. Il y avait des cloisons vitrées. Les gens tentaient de les escalader et j’ai vu une femme jeter son bébé par-dessus !"

Kim Hallaert, la jeune fille de Manage, termine ses humanités et, l’an prochain, elle veut faire le droit parce qu’à son jeune âge, elle a vécu de près l’affaire Geneviève Lhermitte, cette mère qui avait tué ses cinq enfants. "Une de ses filles était mon amie et ma voisine de classe, dans notre école de Nivelles. Je veux comprendre le fonctionnement psychologique qui peut mener à des choses pareilles. C’est pour cela que je me dirige vers le droit." Et Miss Belgique ? "Ce que j’ai vécu ne m’empêche pas d’être une fille qui garde toujours le sourire et qui aime la vie. Miss Belgique, pour une fille de notre âge, c’est une vraie opportunité."