Télévision

Jenifer, Garou, Florent Pagny et Louis Bertignac sont de retour pour coacher les talents français


PARIS Souvenez-vous, l’année dernière, d’aucun ont eu vite fait de comparer le télé-crochet champion du retourné de fauteuil dans ses versions française et belge. À l’arrivée, pas vraiment de gagnant tant B.J. Scott et les autres, chez nous, s’étaient révélé des coaches attachants, là où Jenifer et consorts s’appuyaient, eux, sur des carrières enviées. Des plateaux similaires (dans le respect de la charte de l’émission) mais tout de même adaptés aux moyens du pays mais aussi – et c’est là que se loge la principale différence – des talents pas réellement dénichés dans les mêmes conditions. Là où The Voice Belgique laisse sa chance aux chanteurs du dimanche (et, parfois, volontairement, imagine-t-on, ça s’entend), La Voix en France pioche ses candidats dans une longue liste de semi-professionnels en mal de projets musicaux (d’où les innombrables tentatives d’anciennes gloires de la télé-réalité chantée et autres doublures de comédies musicales). Une autre façon de faire du spectacle pour la même efficacité, en fin de compte. Car, au final, des dizaines de milliers de téléspectateurs belges se sont pris au jeu pour les deux versions de l’émission.

Cette deuxième saison de The Voice la plus belle voix aura-t-elle toujours autant d’impact chez nous, alors que la RTBF vient à peine de lancer son programme ? Quoi qu’il en soit, TF1 semble avoir tout mis en œuvre pour que la sauce reprenne : d’abord avec un super-film promotionnel inspiré de James Bond à l’appui qui aurait été rendu impossible si les quatre coaches prêts à se piétiner pour un talent n’avaient pas (re)signé leur contrat. Contrat qu’on devine en or : selon leur notoriété et leur aura, Jenifer, Florent Pagny, Garou et Louis Bertignac ont touché la bagatelle de 300.000 à 500.000 euros pour la saison. Un cachet qu’on imagine augmenté pour qu’ils rempilent et reprennent leur place bien au chaud au fond d’un fauteuil en cuir. Mais un salaire nettement moindre que celui perçu par Christina Aguilera qui empochait, elle, 225.000 euros par épisode de The Voice… Des motivations uniquement financières, dites-vous ? Et l’envie de transmettre, de permettre à un buble de talent d’éclore ? Et cette envie de gagner des coaches, autre règle du jeu ? Pour Florent Pagny, ce serait cet argument qui a fait mouche, lui qui a porté l’année dernière sur la plus haute marche, son poulain, Stéphan. “Il a gagné alors qu’il n’était pas favori. En misant sur la bonne chanson à la dernière minute, il a pu inverser le cours de l’émission. En fait, pendant la finale, les compteurs sont remis à zéro. Rien n’est joué jusqu’au dernier moment. Après cette stratégie gagnante, je n’ai pas très envie de changer ma manière d’appréhender mon rôle de coach.”

Pour Garou, ces heures passées sur un fauteuil et la main sur le buzzer seraient... inspirantes. “Mon dernier album, Rhythm and blues , n’aurait pas existé sans ma frustration d’être sur le fauteuil. L’année dernière, je partageais mon temps entre Paris pour les live de The Voice, et Londres pour l’enregistrement de ce disque. À l’époque, j’écrivais simultanément mes idées d’adaptation pour l’album et mes choix de chansons pour mes talents.” Que le meilleur gagne (entre les coaches… et pas entre les deux émissions) !

© La Dernière Heure 2013