Télévision L’ex Canal+ Belgique va se déchaîner sur le rival de toujours. Signe des temps, et des nécessaires coalitions...

On peut désormais l’acter : le modèle du bouquet exclusif, sur le marché de la télévision digitale belge, est bel et bien en sursis. Pour ne pas dire aux oubliettes. Les deux dernières renégociations des droits télévisés du football belge étaient, déjà, clairement allées dans ce sens (aujourd’hui, tant les abonnés de Voo que de Telenet, Proximus ou SFR peuvent, moyennant paiement d’un bouquet optionnel, regarder le foot belge).

Le mariage, annoncé hier entre BeTV (propriété de Nethys, au même titre que Voo) et... Proximus, rival éternel des câblos, le montre encore.

Concrètement, dès ce mois de mars, les abonnés de Proximus TV pourront accéder, via leur décodeur, à l’offre premium linéaire de Be TV qui se compose de 6 chaînes HD (Be 1 HD, Be Séries HD, Be Ciné HD, Ciné+ Premier HD, Ciné+ Frisson HD et Ciné+ Classic HD) et ceci au prix de 24,99 € par mois (sur les canaux de 260 à 265). L’ensemble des chaînes sera aussi accessible sur écrans mobiles grâce aux apps Proximus TV et Be TV Go, disponibles gratuitement sur l’App Store et Google Play. Les abonnés Proximus qui souscrivent au bouquet auront accès exactement aux mêmes fonctionnalités que les abonnés Telenet ou VOO déjà clients de Be.

Précisons, puisque la concurrence, elle, n’est pas morte, qu’il n’est bien entendu pas question que le bouquet VOO Sport World, lui aussi propriété de Nethys, suive le mouvement. La Premier League et ses Diables resteront donc encore loin des décodeurs Proximus TV.

Cela n’enlève rien au caractère historique du rapprochement : il y a dix ans, la perspective de voir débouler l’ex Canal+ Belgique ailleurs que sur le câble coaxial (et d’entendre Proximus vanter les mérites de l’offre BeTV dans un communiqué de presse !) était totalement fantasque. L’évolution des usages a, depuis, poussé le marché vers une consolidation qui ne peut qu’aller dans l’intérêt du consommateur.

Prochaine étape logique, dans le chef de Be TV et de sa conquête d’un public plus vaste : rendre son offre Be TV Go accessible en stand-alone, pour tous.


Droits du foot anglais : ça baisse !

Ce n’est pas encore la fin de la folie des grandeurs, puisque les montants dont on parle restent gigantesques. Mais c’est, en revanche, la fin de l’hébétée hausse constante de ce magot.

Pour la première fois depuis 25 ans, le contrat des droits télévisuels du foot anglais pour la période 2019-2022 (sur son marché domestique, on ne parle pas de l’exportation de ces droits) a rapporté moins que l’année précédente. Au total, Sky et BT Sports ont dépensé 4,464 milliards de livres, soit un peu plus de 5 milliards d’euros, pour acheter 168 matches. La vente a pour l’instant rapporté 700 millions de livres (785 millions d’euros environ) de moins que lors du présent accord conclu en 2015 et courant jusqu’à la fin de la saison prochaine.

Selon plusieurs médias britanniques, le mois dernier, les géants de l’Internet Amazon et Facebook se sont montrés intéressés par l’acquisition de certains lots. Si pour l’instant les droits domestiques sont restés possession des opérateurs traditionnels, rien ne dit qu’à l’avenir, les GAFA ne remportent pas la mise…