Télévision

Les Mouches d’or ont, pour leur seconde édition, regiflé le petit monde des médias Belges. Avec le concours de RTL, cette fois

BRUXELLES Une cérémonie d’anti-récompenses, type Gérards, sur les médias belges ? Dans le pays de l’autodérision, voilà qui manquait cruellement à notre petit (mais animé, finalement) paysage audiovisuel belge.

Lorsque la station NRJ, l’an dernier, déboula avec son concept des Mouches d’or, ce fut donc majoritairement perçu comme une délivrance. Avec une pointe de scepticisme, aussi, inhérente à toute première édition d’une cérémonie. Hier, les Mouches ont reflotté pour la seconde fois non plus au-dessus de l’UGC De Brouckère, mais en faisant leur cinéma au-dessus de Kinepolis, à Bruxelles.

Où le petit monde de la télé, finalement pas si égocentrique, était bien représenté, au sein de la salle douze du complexe. Contrairement à l’an dernier, où aucun représentant de RTL n’avait fait le déplacement ! Cette année, on a donc croisé : Thomas De Bergeyck, Sophie Pendeville, Émilie Dupuis et Caroline Fontenoy, côté TVien, et Joëlle Scoriels, Jean-Louis Lahaye, Elodie De Selys, Cathy Immelen, Adrien Devyver, Francis Goffin, Sébastien Nollevaux et Stéphane Pauwels, côté ertébéen.

Tout sourire, ce beau monde a vu 14 Mouches d’or se décerner par un Dan Gagnon en forme olympique et frondeuse. En voici les 10 les plus cocasses :

1. Les deux émissions qu’on aimerait bien qu’on nous explique la différence parce que nous, on ne la voit pas. (La catégorie est aussi appelée Comme un top chef presque parfait ) : Place Royale et C’est du belge (c’est tellement différent que, cette année, un chroniqueur de C’est du belge est devenu chroniqueur de Place royale). C’est Thomas De Bergeyck, premier animateur à avoir confirmé sa présence, qui est venu chercher le prix, qu’il est d’accord de partager avec Thomas Van Hamme, “en garde alternée”.

2. La meilleure imitation capillaire : Joëlle Scoriels, pour Margaret Thatcher. Elle était, elle aussi, ravie (ou pas) de rafler sa deuxième Mouche d’or en deux ans.

3. La fausse politesse remise aux animateurs qui se vouvoient à l’antenne, mais qu’on sait bien qu’ils se disent amicalement “Salut pétasse, bonjour morue” hors antenne : Studio 1 sur la RTBF (Sauf Pauwels et Delire qui le font aussi sur antenne). Stephaune Pauwels était présent pour rafler le prix, mais... en retard. “J’ai plié ma bagnole en faisant demi-tour, devant le Palais 5. Je repars avec une Mouche d’or, à pied, à Mouscron. On est pneu de chose...”

4. La personnalité qui a l’air d’être payée en banc solaire par son employeur : On voulait mettre une speakerine de TVi, mais on pense qu’elle est réellement payée en banc solaire donc on se disait que c’était pas sympa. Le prix a été remis à personne, via écran interposé, par Kody, membre... black du Kings of Comedy.

5. L’événement médiatique de l’année : Pure FM qui a fait colorier son logo par la classe de deuxième maternelle de madame Dupont. Francis Goffin, directeur des radios de la RTBF, a joué le jeu.

6. La vedette d’RTL qu’on n’a pas vue en bikini en une du Ciné Télé Revue  : Jacques van den Biggelaar. (Et c’est mieux ainsi.)

7. L’animatrice qui a l’air trop belle pour travailler à la RTBF et quand tu la regardes, t’as même un peu l’impression d’être sur RTL-TVi (la catégorie est aussi appelée Prix Élodie de Sélys ) : Maureen Louys. C’est Élodie De Sélys, qui hésitait entre se sentir flattée et outrée (“quand on donne le nom de quelqu’un à un prix, c’est qu’il est mort, non ? Je sais que je travaille dans les archives, mais quand même...” ) qui a récompensé sa collègue, qui “partagera avec sa sœur”.

8. L’animateur dont on ne revient jamais sur le prénom : le gars avec des cheveux qui a remplacé Anne Quevrin dans Place Royale (Thomas De Bergeyck, NdlR).Deuxième prix, donc. Et encore on ne vous parle même pas de son cadeau : vainqueur d’un concours de pronostic sur les résultats de la soirée, il repartit avec deux trophées et un écran LED. Sans triche, juré.

9. La personne qui pourrait peut-être un jour convaincre la RTBF que Jean-Louis Lahaye n’est pas obligé d’animer 100 % des prime de l’année sur la chaîne publique : Christophe Bourdon, présent et ravi de voir que sa femme, qui lui avait dit “tracasse, ce sera Stéphane Pauwels” , s’était vautrée.

10. Le porte-parole dont la publicité nous a le plus donné l’impression d’avoir floué Alizée Poulicek, qui dans une pub radio nous faisait croire qu’on pouvait choisir ensemble une nouvelle voiture usagée sur autozone.be mais de toute évidence, “ensemble” ne voulait pas dire la même chose pour elle que pour nous.

enfin, le prix de la presse, récompensant cette année le Belge dont nous sommes le plus fiers : Benoît Poelvoorde, pour avoir fait un pipi nature dans l’émission Hep Taxi avec Jérôme Colin. C’est notre éminent confrère de la presse télé, Nathan Skweres, qui, top synchro avec Dan, nous annonçait la chose.

Bref : un bon moment, fun, rythmé, un peu homemade (“on a eu un forfait effets sonores” ) mais franchement, que ça fait du bien d’en rire, des fois,de cette petite lucarne...



© La Dernière Heure 2011