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Bertrand Henne s’en sort bien. Bien qu’il se soit attaqué frontalement à son collègue Benjamin Maréchal sur Facebook (lire ici), le journaliste de La Première échappera à toute sanction, ce qui n’était pas gagné d’avance, à en croire Me Bruno-Henri Vincent, avocat au cabinet "LITIS S", spécialiste du droit du travail.

"Première réflexion, commence l’expert, les salariés sont des tiers entre eux, ils ont grosso modo la même relation que des voisins. Un salarié répond à son employeur, pas à son collègue. Mais un collègue peut s’estimer préjudicié par une faute de droit commun, comme ça serait le cas avec un voisin." Ensuite, poursuit Me Vincent, "dans la loi de 1996 sur le bien-être des travailleurs, il y a une obligation personnelle de tous les travailleurs de s’abstenir de tout fait de violence et de harcèlement au travail et de participer activement aux politiques du bien-être."

Compte tenu de ces éléments, "quand on écrit de manière publique que son collègue est ‘une insulte au métier’ , on l’injurie. C’est un fait de violence psychique, interdit par la loi de 96. Et insulter quelqu’un publiquement, c’est un délit parce qu’il y a une atteinte à l’honneur."

Selon l’avocat, "le caractère public" d’un commentaire sur Facebook, qui "est laissé à l’appréciation du juge", ne fait pas beaucoup de doute dans le cas d’une personnalité médiatique telle que Bertrand Henne.

Risque de licenciement

Les risques encourus sont doubles. D’abord professionnels. La direction de la RTBF aurait pu considérer que le journaliste avait commis une faute, avec sanction disciplinaire à la clé. Voire une faute grave, motif de licenciement.

Ensuite, Benjamin Maréchal aurait pu réclamer des dommages et intérêts à son collègue devant le tribunal du travail. "Dans le cas d’une insulte, il pourrait même porter plainte avec constitution de partie civile devant le tribunal correctionnel, ajoute Me Vincent. Dans ce cas, une enquête est menée. Elle est confiée à l’auditorat du travail. Si elle aboutit à des éléments probants, on va devant le tribunal correctionnel et, en plus des dommages et intérêts, le fautif s’expose à une sanction pénale (amende, frais de procédure, etc.)." Dans le conflit qui oppose les deux animateurs de la RTBF, on n’en arrivera manifestement pas là.