Télévision Les journalistes belges donnent leur avis sur le débat Macron/Le Pen.

Mercredi soir se tenait le grand face-à-face. Les deux candidats à la présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, s’affrontaient lors d’un débat explosif diffusé sur France 2 et TF1. Les deux adversaires ne sont cependant pas les seuls à avoir marqué les esprits lors de cet "échange". Nathalie Saint-Cricq et Christophe Jakubyszyn, respectivement chef du service politique de France 2 et de TF1, se sont, eux aussi, faits remarquer. Malheureusement pas pour de bonnes raisons…

Complètement à côté de la plaque, inexistants sur le plateau, les journalistes n’ont pas réussi à faire le poids face aux deux candidats en lice. Depuis lors, ils sont d’ailleurs devenus la risée des réseaux sociaux. "Ils n’ont pas eu l’occasion d’en placer une !", lance Jacques Bredael, ancien présentateur du JT de la RTBF contacté par nos soins. "Les journalistes ont laissé Macron et Le Pen s’entre-tuer comme s’ils étaient sur un ring. Tout ça bien évidemment pas au bénéfice du public."

Un "manque d’autorité" qui a laissé le champ libre à de multiples dérives et a retenu l’attention du mordu de l’info : "Marine Le Pen était remontée à bloc. On aurait dit une bagarreuse avec un verre dans le nez dans un bistrot. Emmanuel Macron a, quant à lui, pris un côté instituteur qui ne convenait pas non plus", continue Jacques Bredael qui serait "intervenu, même impoliment", s’il avait été à la place de ses deux confrères.

"Pour être un bon animateur de débat, il faut d’abord être un bon journaliste. Et, c’est clair que ces journalistes ne seront pas les vedettes du JT des prochaines années", tient à souligner François de Brigode. L’actuel présentateur du JT de la RTBF reconnaît toutefois le peu de liberté dont disposaient les journalistes. "Ils n’ont pas posé de questions sur les programmes de chacun. Mais, qu’avaient-ils la liberté de faire ou pas ? Selon moi, ces journalistes étaient un peu des prisonniers du système."

Un avis partagé par son confrère de RTL-TVI, Pascal Vrebos, qui appelle à la réflexion. "Ce n’était pas un vrai débat mais plutôt une finale où les règles sont très strictes. La question qu’il faut vraiment se poser est : Est-ce que ces journalistes ont animé ce débat avec la même liberté qu’un débat normal ? C’est facile de leur jeter la pierre mais il faut savoir ce qu’il se passe en coulisses", explique le journaliste de L’invité qui, s’il était à la place de ceux-ci et s’il en avait eu la possibilité, aurait "tapé du poing pour montrer qui préside sur le plateau". Le journaliste explique l’avoir d’ailleurs souvent fait dans Controverse : "Avec humour évidemment, mais le message est passé."