Télévision

Gros couac à la RTBF qui a appris trop tard qu’un des participants du jeu de Sara de Paduwa était un candidat aux élections communales.

Ce lundi, un jeune homme, quelque part en Wallonie ou à Bruxelles, se serait bien passé du coup de fil que lui a donné la RTBF. Le service public lui a annoncé que ses deux passages dans Les Associés, le nouveau jeu de culture générale présenté quotidiennement par Sara de Paduwa sur La Une, n’allaient pas être diffusés sur l’antenne. Pire, les deux émissions vont même filer tout droit à la poubelle. Et, pour cause, le service public ignorait, au moment d’enregistrer les numéros en question, qu’un des candidats présents sur le plateau figurait sur des listes électorales pour les communales du 14 octobre

La législation imposant d’accorder un temps d’antenne équivalent à tous les candidats et d’assurer aux différentes tendances politiques une représentativité similaire, la RTBF se trouvait face à un gros problème. On imagine en effet mal le service public accorder aux autres listes concurrentes de celle du candidat une visibilité du même genre. Résultat : une petite catastrophe financière puisque les deux émissions déjà produites vont passer à la trappe. Ce qui n’est pas sans engendrer des problèmes d’organisation pour la chaîne. La suppression de ces deux programmes bouleverse la dynamique de l’émission qui a adopté le concept du “champion” invité à revenir lors de la quotidienne suivante. Autrement dit, le gagnant d’un numéro se retrouve au prochain avec la possibilité d’augmenter sa cagnotte et ainsi de suite à l’image de Tout le monde veut prendre sa place qu’anime Nagui. Pas de chance, le candidat aux communales était le champion lors de son premier passage

Autre détail important, tous les autres candidats ayant participé à ces deux numéros passent aussi aux oubliettes, évidemment. De quoi en faire râler certains… Leur candidature avait pourtant été minutieusement étudiée, tout comme celle du joueur se présentant aux élections. Réseaux sociaux passés au peigne fin, questionnaire d’inscription, rien ne laissait présager qu’un tel couac puisse survenir

Contactée par nos soins, la RTBF nous a confirmé la suppression des deux numéros posant problème car il est impossible de les diffuser à une date postérieure aux élections. Elle ne communiquera toutefois sur le sujet qu’à partir de lundi matin, jour où un autre nouveau champion sera mis en lumière dans Les Associés


Toutes les émissions sont concernées par le règlement électoral

La représentativité doit aussi être respectée dans les émissions de divertissement.

La campagne électorale pour le scrutin communal du 14 octobre bat son plein. Une période où la parole donnée aux politiciens dans les médias est particulièrement scrutée. Les chaînes de télévision sont tenues de respecter des recommandations obligatoires émises par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

L’ensemble des programmes sont concernés par ces mesures afin de garantir un équilibre et une représentativité pour l’ensemble des candidats. Les débats politiques sont donc soumis aux règles, comme les émissions de divertissement. "Durant la période électorale, il y a un règlement à respecter et cela pour l’ensemble des programmes diffusés par les chaînes. Il faut veiller globalement à un équilibre entre tous les partis. Il doit aussi y avoir un impact potentiel comparable entre les programmes où sont visibles des candidats. Il faut ajouter le système de représentativité car on ne peut pas faire un débat avec tout le monde. Il faut, par contre, donner à tout le monde de la visibilité", explique Geneviève Thiry, conseillère au CSA.

Une des difficultés peut résider dans la date d’enregistrement pour des émissions de divertissement. "Il est possible que certaines listes ne soient pas constituées au moment où l’émission a lieu, ou même que la personne ignore qu’elle est candidate. Mais dès qu’on le sait, il faut la retirer durant cette période particulière. Sinon, il faut réaliser d’autres éditions du même programme avec d’autres listes", précise-t-elle.

Le CSA est chargé de veiller à la bonne application du règlement et peut, le cas échéant, prendre des décisions contraignantes à l’encontre des éditeurs qui n’auraient pas respecté la réglementation. "Le CSA tirera une évaluation du respect de la réglementation à l’issue du scrutin."