Télévision L’acteur Dwayne Johnson se verrait bien à la Maison-Blanche.

C’est une interview fleuve, de celles dont rêvent tous les journalistes, spécialisés dans le cinéma ou pas. Pendant plusieurs jours, Caity Weaver, rédactrice pour le magazine GQ, a suivi à la trace Dwayne Johnson - alias The Rock - dans son quotidien. Promo, salles d’entraînement (où elle a joué le jeu et soulevé des poids) : il l’a emmenée partout et a répondu à toutes ses questions. Y compris celles qui, il y a quelques mois encore, avant que Trump accède à la présidence des États-Unis, semblaient surréalistes. En l’occurrence : "Honnêtement, seriez-vous prêt à abandonner votre vie d’acteur le mieux payé du monde pour vous lancer dans la course à la présidence ?" Le plus naturellement du monde et sans rire, Dwayne Johnson lui répond : "Je pense que c’est une vraie possibilité." Pourtant, avant que le très sérieux Washington Post n’en émette l’hypothèse, il n’y avait jamais vraiment songé.

Après tout, il est populaire - de 7 à 77 ans, tout le monde l’adore -, plutôt consensuel et loin, très loin d’être idiot. Enfant de l’Amérique, mais fruit du brassage des cultures, il est aussi représentatif d’une nation métissée. Pour autant, et malgré son intérêt pour la politique, lors de la dernière campagne, il s’était bien gardé d’afficher sa sympathie pour un camp ou pour l’autre…

D’autres stars d’Hollywood, avant lui, eurent moins d’hésitation. On pense, évidemment, à Ronald Reagan qui, dès 1937, séduisit l’Amérique dans des films produits par Warner Bros., avec qui il signe un premier contrat. En 1942, il tourne ce qui restera son film préféré, Crimes sans châtiments, avant d’être appelé à servir sous les drapeaux. Après la guerre, c’est à la télévision que le public américain va le retrouver. En entrant dans les foyers par l’entremise de l’étrange lucarne, il se fait une place dans le cœur du public. Il en jouera, en 1967, quand il sera élu gouverneur de Californie, sous la bannière républicaine, lui qui était, dans sa jeunesse, un fervent démocrate.

La suite est connue : en 1976, il échoue dans sa course à la présidence, se heurtant à Jimmy Carter, trop fort pour lui. Mais, quatre ans plus tard, il devient président des États-Unis. Il le restera le temps de deux mandats.

Autre figure incontournable d’Hollywood à avoir franchi le Rubicon : Arnold Schwarzenegger. Son parcours est plus étonnant encore puisqu’avant de devenir, lui aussi, gouverneur de Californie, il avait joué des rôles… fort différents. Monsieur Muscles s’était illustré d’abord dans les compétitions de culturisme, ce qui lui avait ouvert les portes des studios de cinéma. De Conan le Barbare à Batman, en passant par Total Recall et Dommage collatéral, il a figuré dans quelques-uns des tout gros succès des dernières décennies.

En 2003, donc, il brigue et remporte le gouvernorat de Californie. Proche de George W. Bush, il y accomplira deux mandats. Avant de revenir au cinéma. Non que la Maison-Blanche ne l’intéressait pas : il ne pouvait pas s’y présenter, n’étant pas né sur le sol américain !