Télévision

Qu'est devenu le Club Dorothée, dix ans après son arrêt ?

BRUXELLES "Salut les copains, on est encore ensemble pour deux heures de foliiiie !" C'était le mercredi après midi... et tous les autres jours de la semaine. Dorothée et ses quatre comparses passionnaient - durant 21 heures (!) hebdomadaires - des millions de jeunes télé-spectateurs et, au passage, explosaient l'Audimat. C'était il y a vingt ans. Le Club Dorothée - avec ses dessins animés japonais et ses sitcoms AB, décriés par les donneurs de leçons de l'époque - était le rendez-vous quotidien à ne pas louper. Cette grande aventure emmenée par l'idole des enfants, Dorothée, prendra fin le 29 août 1997 (pour des raisons dues à la popote interne de TF1).

De cette époque, certains ont probablement retenu l'expression "allô, à l'huile", née du jeu du même nom. Peut-être ont-ils en vain attendu de voir défiler au générique leur nom, le jour de leur anniversaire. D'autres aussi se sont entraînés à prononcer le fameux "Splitch, splatch, splotch, vlan" dans l'espoir qu'un jour Monsieur Cadeau ("hop hop Monsieur Cadeau", disait Ariane) leur offre un baladeur K7 ou un disque de Dorothée. Le jeu de l'ABC (où Jacky, Corbier et Pat tiraient une chasse d'eau sur leur tête), la mini-série Pas de pitié pour les croissants (des sketches kitsch joués par l'équipe d'AB), le Jacky Show ou encore les conseils animaliers du docteur Klein, tous ont fait les beaux jours de ces milliers d'heures d'émissions pour la jeunesse. Les reverra-t-on un jour ?

Dorothée : c'est sur Antenne 2 qu'elle se fait un prénom avec Récré A2 en 1978. À ses débuts, Dorothée joue aussi au cinéma dans L'amour en fuite de Truffaut et Pile ou face de Robert Enrico. Elle passe sur TF1 en 1987 pour animer le Club Dorothée et devient la star numéro un des enfants et jeunes ados. Directrice des programmes jeunesse de la chaîne privée, elle est aussi et surtout chanteuse. Ouh, la menteuse, Nicolas et Marjolaine, Tremblement de terre, Vive les vacances, La valise (qui connaîtra 16 versions différentes, dont la dernière en 2006), autant de succès qui ont fait chanter les enfants dans les salles de concerts (en 1990, rien qu'à Bercy, Dorothée a réuni 170.000 personnes). Quand Le Club Dorothée s'arrête en 1997, elle promet à son public, dans une chanson qu'Un jour, on se retrouvera . Mais tous ses copains attendent toujours. À part des projets télé câblés de Jean-Luc Azoulay (le A de AB Production) tombés à l'eau - et pas vraiment de grande envergure -, une apparition très furtive fin 2005 dans Vivement Dimanche , Dorothée ne s'est plus jamais affichée dans les médias. Aux dernières nouvelles, à 54 ans, l'idole profite de la campagne, dans sa maison de Normandie.

Ariane (Carletti) : de ses propres aveux, quand elle a intégré l'équipe de Récré A2 et du Club Dorothée, elle était là pour servir de faire-valoir à la star établie, Dorothée. N'empêche qu'Ariane, la brune interprète de la chanson de Dragon Ball, a su se faire apprécier des enfants avec son dynamisme et son sourire permanent. Mariée à l'un des Musclés (Rémy, le bassiste), elle a deux enfants et continue de travailler aux côtés de Jean-Luc Azoulay et dirige sa propre maison de production.

Jacky (Jacques Jakubowicz) : fidèle compagnon de Dorothée, comique de service et animateur du Jacky Show, il a aussi présenté des émissions sur Skyrock et Chorus avec Antoine de Caunes. Toujours animateur télé (sur le câble), il collabore au magazine Entrevue et vient de sortir un livre, Docteur Jacky et Mister Rock, sur ses années de rencontres avec les plus grands de la chanson.

Corbier (Alain Roux) : musicien et chansonnier à la base, le gentil Monsieur à la barbe a sombré après l'arrêt du Club Dorothée. Ruiné, "clochardisé" comme il dit, il a, à 62 ans, repris le chemin de la chanson et se produit aujourd'hui dans différents festivals avec ses nouvelles compositions.

Pat (Patrick Simpson-Jones) : le gentleman britannique, un des premier speakerin de A2, a quitté plusieurs fois le Club Do. Il vit désormais à Miami, où il a réussi une carrière d'homme d'affaires.

Eh oui, les années passent...



© La Dernière Heure 2007