Télévision Stéphane Steeman retrace dans un livre ses rencontres avec les plus grands

BRUXELLES Fringant septuagénaire (il revient de croisière où il n'a pas manqué d'épater tout le monde en faisant du ski nautique), Stéphane Steeman est intarissable dès qu'il s'agit de parler des gens qu'il a côtoyés tout au long de sa vie. Au point qu'il a décidé de les évoquer dans un livre, Inoubliables rencontres. Souvenirs, souvenirs...

Votre passion pour les stars a débuté avec un album d'autographes que vous a offert votre père, l'écrivain Stanislas-André Steeman, auteur de L'assassin habite au 21 ...

«Effectivement. Il me trouvait un peu empoté. Il m'a alors donné cet album d'autographes. Je n'aurais jamais rencontré une partie de tous ces gens si je n'avais pas eu un bon motif: obtenir leur autographe pour compléter mon album. J'ai commencé avec Mistinguett.»

Vous relatiez vos rencontres dans France-Dimanche ...

«Effectivement. Il y avait un concours de jeunes reporters à France-Dimanche . Après Mistinguett, j'ai été voir Prévert, qui me fascinait. Il ne voulait pas signer sur la même page que d'autres personnalités qu'il qualifiait d'abrutis! Ma carrière de chasseur d'autographes commençait mal. Finalement, il accepta de signer sur un de ses livres. J'ai raconté ça à mon père et il m'a dit de l'écrire. Il a relu ce que j'ai écrit, rajouté des petites choses pour que ça accroche le lecteur. J'ai envoyé le récit à France-Dimanche et j'ai gagné le prix hebdomadaire et le deuxième prix de l'année.»

Quelle est la rencontre qui vous a le plus impressionné?

«L'astronaute Alan Shepard. Et c'est évidemment en rapport avec ma passion pour Tintin. La première fois que j'ai rencontré Hergé, il travaillait sur On a marché sur la Lune. Il y avait notamment les maquettes de la célèbre fusée. Depuis, j'ai toujours eu de l'admiration pour les astronautes. Quand, en 1994, j'ai prêté pour une expo à l'Euro Space Center ce que je possédais de Hergé en rapport avec la Lune, on me demanda ce que je souhaitais comme cachet. J'ai répondu: une demi-heure avec Alan Shepard! Il était adorable, j'ai pu lui poser toutes les questions que je voulais.»

Et quelles sont les personnes qui vous ont déçu?

«Fernandel! C'est la déception de ma vie. C'était mon idole de jeunesse. On m'avait engagé pour passer dans un spectacle où il se produisait. Il était prévu que je fasse un numéro. Huit jours avant, j'apprends qu'il ne veut pas de comique avant lui! Malgré tout, je devais quand même présenter le spectacle. En lançant les différents artistes, j'ai fait quelques imitations, dont une du général de Gaulle. Le lendemain, Fernandel m'appelait pour me dire de manière désagréable qu'il ne voulait plus que j'imite de Gaulle. Je lui ai demandé pourquoi. Il m'a répondu: Parce que je suis gaulliste! Et il est parti. Le rêve était brisé.»

Fernand Raynaud n'a pas non plus été à la hauteur...

«C'était un des plus grands comiques du music-hall. Mais il y a eu l'incident de l'Ancienne Belgique. Il se produisait en matinée, face à un public âgé, qui réagit moins. Il s'est alors énervé car les gens ne riaient pas. Il a perdu pied, il a fait des réflexions désobligeantes et, après 10 minutes, il est sorti de scène sous les huées!»

Vous avez aussi eu des relations orageuses avec Eddy Merckx...

«Je m'étais opposé à lui lorsqu'il avait accepté de faire de la pub pour une marque de cigarettes. Je lui étais rentré dedans. On ne peut pas accepter qu'un sportif associe ainsi son image au tabac. Aujourd'hui encore lorsqu'on se croise, il me regarde avec un air incroyable! On a l'impression qu'il voit entrer le diable.»

Vous avez débuté avec Barbara!

«J'ai eu la chance de commencer ma carrière avec elle. Quand je me penche sur ma vie, c'est incroyable tous les gens que j'ai connus.»

Quelle personnalité aimeriez-vous rencontrer aujourd'hui?

«Je vais être cruel: personne. Les chanteurs d'aujourd'hui, par exemple, ne me touchent pas. Soit ils murmurent et on n'entend rien, soit les paroles ne m'interpellent pas.»

Vous êtes 39e dans le sondage des plus grands Belges...

«Je suis entre Eugène Ysaye et Léopold Ier! Je suis très honoré, surtout que c'est le choix du public. Je regrette juste que mon père ne soit pas dans la liste malgré tous les livres remarquables qu'il a écrits.»

Inoubliables rencontres. Ciné-Revue Ed.

© La Dernière Heure 2005